Léon Degrelle. Les milliards de la drogue et l’avenir de la Russie.

Ensuite ?…

On en vient à se demander si ce n’est pas le gigantesque consortium de la drogue, un des plus puissants du monde, qui, finalement, prendra en main l’énorme terre en friche de l’ex-URSS…

Cela pourrait, à prime abord, paraître biscornu. Ça ne l’est point. La maffia mondiale des stupéfiants possède des milliards de dollars provenant de mille fraudes gigantesques. Elle étend partout ses tentacules. On en coupe de ci de là quelques-unes, mais sans résultat très significatif.

Néanmoins, en Occident et en Amérique, la maffia se sent à présent traquée. On surveille les banques, les blanchiments d’argent faisandé, les trafiquants un peu trop voyants. Certes, on n’a pas empêché la drogue de devenir une des industries les plus riches de l’univers et de gagner, cette année-ci, plus d’argent que n’importe quel trust. Toutefois, après qu’un certain nombre de coups eussent été portés contre elle, en Occident et aux États-Unis, une certaine prudence s’est imposée dans le magouillis européen de la drogue.

C’est alors, précisément, que la maffia des stupéfiants vient de découvrir en Russie dévastée d’immenses possibilités nouvelles.

La loi du marché libre concédée aux Russes a facilité énormément le trafic des drogues dites douces, dont les récoltes couvrent chez eux trente-cinq fois plus d’espace qu’au Maroc, qui pourtant, à lui seul, alimente dangereusement l’Europe entière.

La frontière de la nouvelle unité russe jouxte toute une série de pays producteurs de drogues fortes, notamment l’Afghanistan, le plus important fournisseur du monde. Jadis, ces trafics étaient plus ou moins surveillés. Maintenant, les frontières orientales ne sont plus qu’une passoire. Elles permettent de faire entrer à l’intérieur de la Russie, c’est-à-dire vers la maffia, des stocks de drogues fortes d’une importance jamais imaginée.

La maffia internationale, qui ne savait plus bien où investir encore ses montagnes de milliards, a trouvé ainsi, en un an, le pays de cocagne qui, contre ses chèques archangéliques, lui fournit tout à la fois le champ de manœuvres, la marchandise et des réseaux tout neufs de diffusion vers l’Occident.

Ces capitaux pourris vont ainsi fournir à l’ex-URSS une partie importante des milliards que son relèvement réclame et que toutes les démocraties lui refusent, poliment, certes, mais avec un égoïsme et une manque de vision politique qui stupéfie.

Ce stade est maintenant dépassé.

La maffia s’est rendu compte — c’est vieux seulement de quelques mois — que ce refuge immense, presque intouchable, pourrait, en plus des drogues naturelles, lui permettre la fabrication des drogues chimiques, de loin les plus mortifères.

De nombreuses usines soviétiques sont désaffectées. Des milliers d’ingénieurs et de savants, ayant perdu leur situation, acculés à la pire misère, devaient se laisser tenter. On leur offrait de gros traitement à eux qui ne gagnaient plus, au mieux, que l’équivalent de sept dollars par mois (le rouble, en août 1992, valait deux cent cinq fois moins qu’un dollar). Beaucoup se sont laissé entortiller et ont flanché.

L’industrie de la drogue chimique en Russie va pouvoir prendre des dimensions fabuleuses.

Elle pourrit la jeunesse russe, déjà orientée par la misère vers des évasions dangereuses, et que la télévision nouvelle mode, bourrée de films américains sur la violence et sur la drogue, est en train de doper tragiquement.

Le trafic ira beaucoup plus loin. vers la Pologne où elle contamine déjà gravement . la population. Et vers la Bohême. De là, en un an ou deux, elle passera en Allemagne, puis dans toute l’Europe.

Cette dernière avait comme un vague espoir de pouvoir contenir la masse des stupéfiants d’Amérique et d’Afrique, malgré que la maffia employât tous les subterfuges pour les camoufler, jusqu’à les présenter aux frontières sous forme de faux légumes secs, colorés nature. Mais en laissant la maffia prendre financièrement la place de l’Europe en Russie, les démocraties occidentales — et les États-Unis — viennent de lui fournir, pour rien, un formidable tremplin nouveau. De là, les drogues végétales et les drogues chimiques en provenance de l’Est pourront, un jour prochain, les submerger tous.

Un détail supplémentaire : profitant de l’abandon des vastes terres qui entourent l’ex-station nucléaire de Tchernobyl, de plantations de pavots ont, là aussi, dressé leurs fleurs de mort. Mais ce sont des fleurs énormes, pareilles à des grands œillets évasés, se dressant sur des épis de un mètre et demi de hauteur. À croire que ces terrains corrompus par les émanations d’origine nucléaire, sont imprégnés de substances radioactives qui favorisent de façon sensationnelle la croissance de ces pavots aux dimensions tout à fait anormales !

J’ai vu des photos de ces récoltes géantes. C’est effrayant. La drogue de Tchernobyl va-t-elle apporter au monde des méfaits supplémentaires, s’ajoutant à tous les autres ?

On connaît la maffia mondiale des stupéfiants, ses possibilités presque sans limites, la force de son organisation secrète, le cynisme de ses crimes. Vous étiez déjà, vous les Jeunes d’Europe, la proie guettée par ces trafiquants de malheur. À cause de la faillite communiste, ceux-ci vont disposer d’une puissance de fabrication extraordinaire. La Russie et l’Europe qui la prolonge vont connaître demain un nouveau bourreau, succédant au Lénine et au Staline à peine culbutés.

Qui, parmi tous nos pays défaillants, avait jamais pensé à l’apparition d’un tel concurrent, dans la Russie échiquetée, affamée, prête à tout ? Il est là, les autres n’y sont pas. Telle est la vérité, et, pour un proche avenir, la terrible menace, une de plus…

En attendant, l’Europe, ne se décidant à rien, se déshonore à patauger, depuis deux ans, dans la putréfaction russe et dans les Balkans convulsés. Dans un cas comme dans l’autre, elle est arrivée à une piteuse cacade.

Les États-Unis accrochent leurs fusées aux soutes des avions-espions de l’Indépendance et alignent des centaines de chasseurs bombardiers en Arabie séoudite, avec l’intention bien arrêtée d’obtenir coûte que coûte la riposte qui leur permettrait de conclure victorieusement leur guerre terroriste du Golfe ! Sans oublier qu’en forçant la route du pétrole jusqu’à Bassorah, Bush rendra, un jour ou l’autre, accessibles au messianisme juif les vastes espaces Nil-Euphrate dont leurs prophètes ont toujours rêvé. Cette aventure de Bassorah allèche au plus haut point les tenants barbifères de l’expansionnisme hébreu.

Pour s’attirer définitivement — outre l’électorat anti Saddam Hussein — un électorat juif parfois réticent, Bush n’a pas hésité à allonger un aval fantastique de dix milliards de dollars à Israël, pourtant maintes fois condamné par l’ONU, pour ses expéditions de brigandage en Palestine, à Jaffa, au Liban, en Syrie.

Dès avant l’aval récent des dix milliards de dollars, un Israélien recevait chaque année, des États- Unis, un subside trois cents fois plus élevé que celui d’un Africain !

C’est à se demander de qui, dans l’avenir, M. Bush sera le président. Des États-Unis ? D’Israël ? Ou des deux ensembles ?…

Bosniaques et Croates sont mitraillés à mort par les Serbes. Deux millions cinq cents mille hommes, femmes et enfants sont chassés de leur sol natal. Israël, lui, est gros et gras, luisant comme un veau d’or : pour les lobbies juifs aux États-Unis, cela seul compte !

Les juifs de Russie désirent dévaler de l’ex-URSS vers l’Israël messianique. Ils se sont vu allouer, en 1992, par les États-Unis, dix fois plus de dollars que n’en ont reçus, tous ensemble, les quatre cents millions d’habitants des peuples de Russie et des peuples de l’Est !

Ceux-ci attendront en vain que l’« ordre mondial » de M. Bush entreprenne de les dépanner !

Ce dernier a d’autres chats à fouetter, d’autres bidons de pétrole à remplir, et d’autres juifs à cajoler. Au guichet des Irakiens et des Bosniaques, à la Maison-Blanche, est accrochée une grande pancarte : « closed » ! Fermé ! Vouloir pénétrer plus loin, c’est être sûr de se casser le nez.

Européens, n’insistez pas : une fois pour toutes, l’affaire est réglée.

Léon Degrelle, « Appel aux jeunes européens », 1992.