Jouer sur les craintes.

Je ne sais pas exactement pourquoi, mais la semaine dernière est devenue la semaine officieuse de la crainte. J’ai eu tellement d’autres fers au feu, à la fois concernant le travail et concernant ce blog, ce mois-ci, que je trouve particulièrement ennuyeux d’avoir à m’intéresser à ce sujet à nouveau, mais je dois admettre que les commentaires sur les maux des hommes manipulateurs employant un sentiment de crainte dans leurs relations de long terme, m’ont donné une pause pour analyser cette dynamique plus en détail. Alors, OK, je vais mordre, et d’ailleurs, qu’est-ce que c’est que cette « crainte » ?

L’origine de ce concept de « crainte » vient d’un article de Roissy sur l’art d’instiller un sentiment d’effroi dans une femme, afin de maintenir un contrôle cohérent du cadre dans une relation. Naturellement, la réponse inconditionnelle des femmes à cette affirmation manifeste de contrôle est de diaboliser l’ensemble de cette idée d’effroi. Quand on y pense, la crainte, comme proposé ici, est une façon de conceptualiser le résultat potentiel d’une perte de l’intimité d’un partenaire et les retombées qui résultent de cette perte (émotionnelles, financières, familiales, personnelles, etc.). Une telle déclaration manifeste pour promouvoir un sentiment d’effroi chez une femme évoque des images mélodramatiques d’hommes diaboliques faisant chanter leurs femmes dans l’esclavage émotionnel, pour satisfaire à leurs caprices précaires.

Je pense que ce qui n’est pas compris dans tout ce sensationnalisme sur l’effroi – un terme très faible pour le concept – c’est la portée beaucoup plus large que peut avoir la crainte (en particulier pour les femmes), et la caractérisation trop dramatique de la crainte lorsque les hommes en discutent ouvertement.

Les visages de l’effroi.

J’ai un bon ami, Jim, qui a tout juste 37 ans. J’adore ce type, mais Jim n’est pas très agréable à regarder. Vers ses 30 ans, il a fondamentalement renoncé à lui-même. Il s’est marié beaucoup trop jeune, sur une histoire qui consiste à « faire les choses proprement » après une grossesse « accidentelle », et d’un point de vue personnel, cela a marqué la fin de la fenêtre d’opportunité dont il disposait pour explorer toutes les autres options qu’il aurait pu avoir. Sa femme s’est relâchée juste après la 2ème grossesse, elle s’est transformée en ballon, et il lui a emboîté le pas. En réalité, il ne lui faudrait pas beaucoup pour revenir au top de ce qu’il était, mais il n’a aucun désir de le faire.

Maintenant, après avoir détaillé la situation de Jim, vous pourriez penser qu’il serait le dernier candidat pour participer à quelque chose ressemblant à une manipulation de la peur dans une relation, et vous auriez raison, mais lui, et les gars comme lui, sont souvent les participants involontaires dans le jeu de la peur joué par leurs femmes. Jim ne peut pas spontanément attirer les femmes avec son apparence ou en raison de son absence totale de jeu de séduction, mais il est un fournisseur exceptionnel pour sa famille. Il se casse régulièrement le cul en tant que programmeur pour une agence juridique et il est le seul soutien de la famille – à lui seul, il finance les études d’infirmières de sa femme. En outre, il est un père et un mari très attentif, et il est un peu bricoleur autour de la maison. En dépit de tout cela, sa femme a tendance à être un peu « casse-couille », elle le contrôle en tout et pour tout, dans le genre de comportement des filles adolescentes qui s’engagent dans la même lourdeur que leurs mères.

Pourtant, malgré toute cette dérision passive-agressive, la femme de Jim est facilement l’une des femmes les plus possessives que je n’ai jamais connu. Jim vit littéralement dans un état constant de surveillance quant à ses allées et venues. Elle appelle pour vérifier qu’il est bien là où il dit qu’il est, et le soupçonne continuellement de s’enfuir vers un club de strip-tease (et à ma connaissance, il n’a jamais mis les pieds à l’intérieur d’un seul club) ou de s’engager avec une autre femme. Nous sommes arrivés au point où il est comique de penser qu’elle puisse avoir la moindre crainte : que son homme serait « arraché » par une meilleure femme, mais nous en sommes là, l’anxiété de la concurrence tant redoutée provoquant un malaise chez une femme qui, bien qu’ayant une très faible estime d’elle-même, n’a objectivement aucun risque de voir son mari lui échapper.

« Je ne peux pas rivaliser avec ça… ».

Certaines des femmes les plus possessives que je n’ai jamais connu ont été les petites amies et les épouses de bodybuilders venant du circuit amateur – l’ancienne copine de mon frère étant l’une d’elles. La plupart de ces filles, même les « fitness girls », devaient être très sûres d’elles-mêmes ou devaient avoir recours à des tactiques de contrôle et de possessivité, en raison du rappel constant de la façon dont leurs hommes étaient désirés par d’autres femmes. Même lorsque ce n’était pas explicitement le cas, la perception de leur désirabilité était suffisante pour faire ressortir cette possessivité en elles. Elles avaient l’amour et le désir de ce genre d’hommes, mais ce n’était toujours pas suffisant pour pacifier ce sentiment inné d’effroi.

Dalrock a écrit ad infinitum sur cette idée féminisée selon laquelle un homme qui visionne de la pornographie est un homme adultère. Pour ne rien dire sur la poussée constante de pathologisation de la condition masculine, c’est une remarque facile pour les femmes qui suivent le script « Eat, Pray, Love » qui veulent quitter un mariage avec de l’argent. Cependant, le point fondamental dans cette idée est l’incapacité, souvent exagérée, d’une femme, à rivaliser avec « l’idéal de star du porno : de la perfection physique et des acrobaties sexuelles avec lesquels aucune femme normale ne pourrait jamais être à l’aise ». Compte tenu de la grande variété des appétits sexuels des hommes, c’est à première vue complètement ridicule, mais cela illustre la prédominance des jeux d’effroi dans la psyché des femmes. Peu importe les particularités des appétits sexuels des hommes, une femme se sent inadéquate dans cette compétition et craint une perte d’intimité.

Les jeux basés sur la crainte. 

Je reçois beaucoup d’hostilité de la part de la fémino-sphère, ne serait-ce que pour suggérer qu’un homme doit directement favoriser l’anxiété de la concurrence dans sa relation, mais la raison sous-jacente de ce venin vient d’un état qui préexiste chez les femmes, qui est à peine toléré quand il est à la surface, et encore moins quand il est exposé. L’effroi, dans ce contexte, est une peur innée de la perte de sécurité, qui s’intensifie au fur et à mesure qu’une femme progresse au-delà du mur, en tenant compte de sa capacité décroissante à rétablir cette sécurité de provisionnement avec un nouveau partenaire. En fait, c’est exactement cette crainte qui est la source racine des lois gynocentriques qui accordent aux femmes de l’argent dans un divorce. Cette crainte est si puissante que des assurances juridiques doivent être instituées pour compenser la capacité moindre d’une femme à obtenir un provisionnement à long terme après un mariage raté, après le mur, après les grossesses, etc.

La crainte, faute d’un meilleur terme, c’est la condition féminine.

J’ai suggéré de flirter avec d’autres femmes, devant votre femme, c’est un moyen d’amplifier le désir et d’illustrer la preuve sociale, ce n’est guère que le seul, ou le meilleur, moyen de favoriser l’anxiété de la concurrence. Les flirts manifestes sont un moyen brutal d’attiser cette anxiété, mais souvent tout ce qu’il faut, c’est un changement nuancé dans une routine prévisible pour déclencher cette imagination. L’idée n’est pas d’instiller la terreur par peur de la perte, mais plutôt de démontrer une valeur plus élevée ; en particulier quand l’attention d’une femme s’égare dans la familiarité confortable et routinière et qu’elle commence à chercher de l’indignation dans d’autres sources.

Parfois, tout ce qui est nécessaire pour provoquer cette « imagination », c’est d’aller à la salle de gym, de mieux s’habiller, d’obtenir une augmentation, de voyager pour le travail, de changer votre routine, d’adopter une mentalité de « séducteur », de traîner avec un nouvel ami, d’être arrogant et drôle avec elle – au risque d’offenser sa sensibilité. La plupart des femmes croient que leurs chattes sont suffisantes pour tenir leurs hommes en laisse pour toute une vie, mais comme la valeur sexuelle d’une femme diminue avec le temps et que celle d’un homme se bonifie avec le temps, leur confiance en elle dans cette forme de levier tombe, les forçant ainsi à adopter de nouveaux schémas pour contrôler la peur de perdre un partenaire. Quand vous vous rendrez à Las Vegas pour un salon et que votre femme vous baise divinement la veille de votre départ, vous faites l’expérience d’un de ces nouveaux schémas. Cela ne prend pas beaucoup d’énergie de faire cela, la plupart du temps, effleurer cette crainte sera suffisant. Un bon jeu de crainte n’a même pas besoin d’être initié par vous-même. Souvent, les femmes le feront d’elles-mêmes.

À la lumière de cette peur innée de la perte que les femmes cherchent à éviter, on pourrait être tenté d’utiliser une approche plus sympathique afin d’apaiser les craintes d’une femme. Ce n’est guère intéressant de mentionner cela ici car c’est généralement le tact que la plupart des hommes utilisent intuitivement dans leurs relations à long terme de toute façon – une assurance constante d’amour et de dévotion. Un type qui est comme mon ami Jim suivra une telle stratégie perpétuelle d’apaisement en dépit de tout.

Soyons clairs, la grande majorité des femmes se sentent suffisamment en sécurité pour ne pas avoir besoin de subir une telle forme de séduction, et c’est dans les cas extrêmes que j’ai mentionné ci-dessus qu’une telle attitude est nécessaire. Contrairement à la croyance populaire, je ne suis pas un défenseur des méthodes de séductions qualifiées « d’art sombre ». Non pas parce que je pense que ces méthodes sont inefficaces, mais plutôt parce que, avec le bon art de séduction, ces techniques ne sont même pas nécessaires. Ce n’est que dans les cas extrêmes que les arts sombres doivent être employés, et si une situation nécessite leur utilisation, il est important pour un homme de comprendre qu’une ligne a été franchie avec une femme qui a nécessité une telle forme de contrôle.

Alors oui, vous devriez chercher à rassurer une relation de votre amour et de votre dévouement, mais sachez qu’en raison de la peur intrinsèque des femmes de la perte de sécurité, vous n’obtiendrez jamais un état idéal de contentement, et certainement pas en s’appuyant uniquement sur le confort et la familiarité. Elle veut que vous fassiez chavirer le bateau, c’est ce qui la fait se sentir vivante.


Source : « Dread Games » publié par Rollo Tomassi le 27 mars 2012.  

Illustration : Aleksandar Pasaric.