La pseudo-virginité.

On a beaucoup fait cas des salopes dernièrement. Vox, pour qui j’ai un grand respect, vient de faire un sondage (certes non-scientifique) en essayant d’estimer la dignité d’un partenaire et d’établir des données fiables parmi ceux qui conscients de ce sujet, sur les taux de fidélité, en posant les bonnes questions. J’y ai participé, mais à ma grande déception, mon apport particulier était inutile, parce que je suis un « flocon de neige » (snowflake) – j’ai été avec plus de 40 femmes, j’ai eu 4 relations de longue durée significatives, j’ai trompé deux partenaires (ce sont ces mêmes deux partenaires qui m’ont trompé, mais ce n’était pas sur le questionnaire), j’ai été marié près de 16 ans, je n’ai jamais trompé ma femme, ni n’ai été trompé par ma femme (qui a eu au moins 6 copains avant moi, 6 dont je suis au courant) – ouais, je suppose que je suis une aberration. Ou du moins, je suis une valeur aberrante en ce qui concerne les corrélations dont d’autres voulaient trouver des preuves.

Comme prévu, « Aunt Giggles » était impatiente d’engloutir les « données brutes » pour faire valoir ses idées sur la monogamie féminine fémino-centrée (malgré des paramètres très lâches), mais il y a une chose qui m’a frappé, et c’est que, à la fois dans la manosphère et dans la fémino-sphère, il y a un accent qui est mis sur les vertus d’une femme qui serai aussi proche de la pseudo-virginité que possible socialement. J’en ai parlé brièvement dans l’article « le paradoxe de la salope », et je comprends tout à fait la psychologie évolutive derrière ce phénomène.

Si les hommes vont volontairement ou non sacrifier leur stratégie sexuelle polygyne en faveur d’une stratégie spécifique à long terme féminine (stratégie de l’investissement parental), ils voudront naturellement des assurances sur la fidélité d’une femme (savoir que son investissement biologique – l’enfant – est bien le sien). Il y a eu des études expérimentales divertissantes sur la capacité innée des hommes à reconnaître le visage de leurs propres enfants parmi une foule d’enfants habillés de manière uniforme ; les hommes sont plus précis et plus rapides que les femmes lorsqu’il s’agit identifier leurs enfants dans une foule. Donc, pour les hommes, on peut effectivement supposer qu’il existe un mécanisme de psychologie évolutive qui a pour fonction de confirmer la paternité, sinon la fidélité réelle. 

Du côté féminin, les retombées psychologiques vont de la nécessité de l’absolution de leur passé sexuel (re-virginisation, spirituelle et physique), jusqu’au révisionnisme du nombre de partenaires, la « défense anti-salope », jusqu’à la simple dissonance cognitive. Avec tant de mécanismes d’adaptation, il semblerait que la « secrétisation » de nos histoires sexuelles soit d’une importance primordiale pour assurer notre héritage génétique.

Pluralisme vierge.

Le problème est que l’hypergamie féminine et les stratégies sexuelles pluralistes des femmes conspirent l’une contre les autres. Il est dans l’intérêt génétique d’une femme de se reproduire avec des hommes de « stock supérieur » (ou du moins des hommes qui sont perçus comme supérieurs) pendant ses principales années de fertilité. Si l’on met les rationalisations et les efforts conscients mis à part, la sous-routine cérébrale d’une femme l’oblige à frapper le fer biologique quand il est chaud. Ceci caractérise l’hypergamie dans sa fenêtre de fertilité principale, mais plus tard, quand la sécurité à long terme devient l’impératif, cette hypergamie change, de manière fluide, vers le meilleur fournisseur de sécurité. C’est à ce moment-là qu’il y a un « schisme psychologique » chez les femmes ; à mesure que le « mur » approche, le besoin de dissonance cognitive se fait sentir, entre son ancienne stratégie sexuelle et la nouvelle stratégie de sécurité à long terme. Cela nécessite de former de nouveaux schémas mentaux pour remplacer les schémas bientôt obsolètes qui lui ont permis de poursuivre son impératif sexuel lorsqu’elle était plus jeune. Soudain, une femme est préoccupée non seulement pour sa propre sécurité à long terme, mais aussi pour celle de la sororité. Demandez-lui de vous dire la meilleure façon de vivre et vous serez surpris d’entendre que sa stratégie a toujours été celle de la monogamie, de la sécurité, de la fidélité, de la relation… Etc.

Tout cela ne correspond pas bien à la stratégie sexuelle conflictuelle d’un homme. Dans l’apogée sexuelle d’une femme, sa stratégie sexuelle dispersée à lui, est fait pour une tactique complémentaire (en ce qui concerne l’évolution de l’élevage de la prochaine génération de l’humanité), mais quand il s’agit d’une stratégie d’investissement parental, les contingences psychologiques et contre-mesures ont dû évoluer pour réduire le risque pour son héritage génétique. C’est ici qu’arrive l’importance de la « pseudo-virginité ».

Les « nouvelles vierges ».

Je ne pense pas avoir besoin d’expliquer à quel point les hommes accordent de l’importance à ce que les femmes aient un faible nombre de précédents partenaires sexuels. Personne ne veut d’une salope, n’est-ce-pas ? Pourquoi ? 

L’étude de Vox et les spéculations qui en résultent sur ses indications sont une preuve suffisante de ce désir, mais il y a un effort concerté des deux parties intéressées à maintenir au moins la présomption d’un faible nombre de précédents partenaires sexuels. Il est important ici de ne pas voir dans un nombre élevé de partenaires une cause de l’infidélité. 

La sélectivité sexuelle passée (la promiscuité) est-elle un indicateur des liaisons futures (en nombre faibles ou élevées), ou est-ce que les conditions qui ont incité ces comportements sont la cause de l’infidélité ? Nous aimerions certainement avoir des prédicteurs fiables de l’infidélité, mais je pense que ce que nous ne voyons pas, c’est la causalité de ce qui contribue à la prédictibilité de l’infidélité. Bien que l’infidélité puisse être moralement répréhensible, d’un point de vue évolutif, elle peut en fait être le recours le plus bénéfique, selon les circonstances.

L’hypergamie ne se soucie pas de savoir si vous n’avez jamais baisé votre femme. Pour chaque rare flocon de neige qui passe d’un nombre élevé de partenaires à une fidélité conjugale à vie, il y a un couple rare, formé à l’école secondaire, qui divorce, et dont les partenaires n’ont jamais baisé personne d’autre. Nous voulons que le couple issu d’un « Amour Véritable » vive heureux pour toujours parce que cette idée apaise nos émotions et notre sens de la fantaisie, tandis que nous attendons aussi à ce que la salope ou l’incorrigible queutard obtiennent leurs justes récompenses en vivant une vie de ressentiment et de dégoût de soi-même. La réalité ne coopère pas toujours avec nos idéalisations, mais la question la plus importante à se poser est : pourquoi pensons-nous qu’un couple mérite le bonheur tandis que l’autre mérite le mépris ?

Nombre de précédents partenaires. 

Les femmes ne repensent pas à leurs hommes betas du passé. Toutes ces élucubrations à propos du nombre de partenaires d’une femme et la façon dont elle est numériquement proche de la virginité sont seulement des questions sémantiques, si vous ne tenez pas compte de l’impact psychologique qu’un seul amant Alpha peut avoir sur une femme. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi le gars avec qui une fille partage/perd sa virginité est si mémorable pour elle ? Sauf cas de viol, il est un Alpha par défaut juste pour avoir été son premier. C’est la principale raison pour laquelle je conseille aux hommes de ne pas déflorer les femmes vierges ; le sexe est souvent négligeable, mais l’impact est si important qu’il forme chez une fille un attachement émotionnel que la plupart des gars ne sont pas préparés pour affronter.

Une fois qu’une femme a connu cette domination Alpha, seule une autre expérience Alpha peut délimiter l’expérience précédente. Il s’agit d’un exemple du rôle que joue la conditionnalité dans la mise en couple. Si une femme a eu 10 amants antérieurs qui ont tous été des expériences « beta », une seule expérience Alpha peut être tout ce qu’il faut pour la rendre fidèle. D’un autre côté, il est impossible de convaincre une femme avec un seul amant Alpha antérieur d’être fidèle à quelqu’un qu’elle voit comme une expérience moindre.

Ce sont les « Veuves d’Alpha ». En fait, je dirais que la plupart infidélités initiées par des femmes sont le résultat de l’impulsion hypergame cherchant à (re)trouver son niveau précédent. Les femmes ne « commercent pas vers le bas » dans l’expérience, elles sont toujours consciemment ou non, en train de « commercer vers le haut », en fonction de ce qu’elles perçoivent. L’un des aspects de l’hypergamie, c’est qu’il y a toujours une équation mentale inconsciente qui opère chez les femmes : un « bilan coûts-avantages », qui évalue ce qu’une femme peut potentiellement perdre. Il s’agit d’une crainte préétablie qui doit être réprimée ou ignorée afin qu’une femme puisse être infidèle. Les femmes sont sujettes à l’infidélité avec de meilleures options, et non de pires options. C’est une erreur de supposer que seul le nombre de partenaires est le précurseur de l’infidélité.


Source : « Pseudo-Virginity » publié par Rollo Tomassi le 26 mars 2012.