Léon Degrelle. Les guerres terroristes et l’impérialisme américain.

Encore, si les troupes de la Seconde Guerre mondiale n’avaient été que des tueurs occasionnels ! Mais, depuis 1945, on a vu se renouveler sans cesse cette tactique ravageante de la guerre terroriste partout où l’impérialisme américain a voulu s’imposer.

Que ce fût au Vietnam, avec des hordes de femmes et d’enfants fuyant sur les routes, tout nus et brûlés vivants au napalm !

Ou en Irak, où cent mille ou deux cent mille civils (on ne sait pas combien exactement !) ont été fauchés systématiquement, et sans risque, par les monstrueuses rafales terroristes — réglées par ordinateur ! — des fusées USA !

Pourquoi ?…

Pour que subsistent intacts la machinerie moyenâgeuse et raciste d’un pays bidon, récemment fabriqué par les Anglais, le Koweit, ainsi que les émirs lèche-pieds, rapaces comme des vautours, matelassés de milliards de dollars, détenteurs officieux des puits pétroliers si chers aux gangsters américains de l’hyper-capitalisme, éternels grippe-argent et coupe-jarrets !

Saddam Hussein, le chef incontestablement populaire de l’Irak, voulait récupérer cette province perdue de la vieille Mésopotamie. Et, surtout, il dirigeait l’État solide d’une région très riche en pétrole, il était le gêneur des chefs américains à forlancer, à chouriner, .à déjucher !

Dès le printemps de 1989, la provocation avait commencé.

Encore fallait-il arriver à fourvoyer Saddam Hussein dans une intervention qui donnerait un semblant d’excuse à une offensive militaire.

Certes, la création artificielle, toute récente (1962), d’un État du Koweit avait été inventée tout spécialement pour maintenir sous le contrôle des Anglo-Américains les puits d’où le pétrole jaillissait en masse dans cette région.

Ce Koweit avait été inventé tout autant pour barrer l’accès principal du golfe Persique aux pétroles irakiens grâce à la possession, par le Koweit, de l’île de Bouliban, principal obstacle aux exportations du pétrole irakien. Le Koweit avait accordé, en 1969, la cession, pour 99 ans, de cette île à l’Irak. Mais, tancé par les Américains et les Anglais, le Koweit s’était peureusement rétracté l’année d’après.

Le 25 juillet 1990, l’ambassadeur américain, April Glappi, traitant de ces problèmes avec Saddam Hussein, avait paru très compréhensive, comme si un retour irakien au Koweit lui paraissait assez normal. Saddam Hussein crut alors qu’était balayée l’épouvantable « intox » menée contre lui les mois précédents aux USA. Il tomba dans le piège diplomatique. Le 2 août suivant, il récupéra, presque sans heurts, le Koweit, d’où l’Émir, au premier roulement de char irakien, avait pris glorieusement la poudre d’escampette !

L’affaire était assez banale en soit, pareille à des dizaines d’autres qui, antérieurement, s’étaient développées en terres arabes : au Liban, occupé partiellement par les troupes d’Israël sans que nul ne les fit rentrer dans leur gîte ; en Jordanie, à La Mecque, au Yémen, en Syrie aussi où furent envahis les Monts du Golan ; sans oublier les terres des Hachémites ! Mais Washington avait trouvé là l’occasion rêvée d’affirmer en Orient sa suprématie. À cris stridents, il ameuta le monde entier.

Il s’agissait, en camouflant derrière les barils de pétrole, de sauver la Liberté ! Le Droit ! La Civilisation ! Qui ne serait pas accouru en entendant de si vertueux appels ?…

La terre entière fut conviée à l’hallali. Des ardélions accoururent de toutes les latitudes. Les rivaux arabes, espérant succéder à Saddam Hussein, furent les plus zélés. Contre dollars, bien sûr ! À l’Égypte, qui s’empressa d’accepter, Bush annonça que, si elle le suivait, il passerait l’éponge sur les sept milliards de dollars que ce pays devait aux États-Unis !

Le danger, expliquait Washington, était extrême. L’International Herald Tribune annonça même, sous la signature de W. Safire, qu’une bombe atomique de Saddam Hussein pouvait tomber d’un moment à l’autre sur New York ! Portée par le diable lui-même, très certainement !

Quand, le 15 janvier 1992, tout le monde fut prêt, le carnage guerrier se déclencha. En quelques jours, les épouvantables armes de M. Bush, mille fois supérieures à celles que Saddam Hussein avait jamais pu détenir, exterminèrent des milliers de civils, de tous côtés, en Irak. Le Koweit se retrouva presque aussitôt libéré, sans grands combats. C’est, d’ailleurs, à grand peine, que le roi d’Arabie Séoudite avait alors obtenu, de son compère américain d’aventure, d’arrêter le massacre puisque le but officiel, hypocritement proclamé par Bush dans l’International Herald Tribune était atteint : « Notre but n’est pas la conquête de l’Irak mais la libération du Koweit. »

Cette libération replaça le Koweit sous la domination pétrolière des États-Unis, en laissant cet État fantôme empêtré comme avant en plein moyen-âge.

Elle n’avait été obtenue, sous le déluge américain d’armes terroristes d’une abondance inouïe, qu’en intoxiquant les foules par des bobards fabuleux.

La plus affreuse intox servie aux Américains fut l’histoire des bébés koweitiens. Dans mille journaux fut lancée la nouvelle qui devait révolter des millions de personnes : trois cents bébés, au Koweit, avaient été sortis de leurs couveuses et assassinés !

La chaîne CNN en fit ses délices le 17 janvier 1991 ; la presse entière la distilla à cent millions d’exemplaires : « La description des troupes irakiennes sortant les bébés prématurés de leurs couveuses a dégoûté la conscience de la communauté mondiale. »

Exactement, mais en lui donnant encore un caractère plus monstrueux, Bush répétait l’histoire des enfants belges à qui les Allemands avaient coupé les mains lors de la Première Guerre mondiale. Après la victoire alliée de 1918, on n’avait jamais pu exposer au public, étoffant d’indignation, une de ces prétendues victimes. Pour l’excellente raison qu’il n’y en avait pas existé une seule ! Le bourrage de crâne, total !

Bush confirma, et même dépassa la nouvelle version. La grande revue française Identité — où abondent les professeurs d’université et les maîtres de la Sorbonne — a révélé cette supercherie dans son numéro 16 de 1992 : « George Bush lui-même devait se faire l’écho de cet acte barbare en déclarant en Arabie séoudite :  » Les bébés ont été arrachés des couveuses et jetés sur le sol comme du bois à brûler  » ! Terrible image destinée à préparer les opinions publiques occidentales à la grande croisade à venir. Cette affaire qui révolta l’ »opinion internationale » fit même l’objet d’un film et d’un rapport d’Amnesty international. La guerre terminée, on apprit, par une mission de l’Organisation Mondiale de la Santé conduite par le Dr David Chiu, qu’il s’agissait d’un montage orchestré par la société américaine de relations publiques Hill and Knowton, à la demande de l’émirat du Koweit, pour un montant de soixante millions de francs ! Pourquoi des bébés ? Parce qu’il fallait  » obtenir un effet émotionnel tel que les gens approuvent les résolutions de l’ONU  » Faux témoins, fausses biographies ont ainsi été exhibés, en particulier le témoignage poignant d’une jeune fille présentée comme une réfugiée et qui était en réalité la fille de l’ambassadeur du Koweit aux États-Unis ! L’ignominie atteint ici des sommets.

Même en France, on vit à la télévision le grand spécialiste des provocations et des interviews truquées, M. Patrick Poivre d’Arvor, dénigrer Saddam Hussein en amenant à l’écran un de ses prétendus gardes du corps ! Poivre d’Arvor l’avait baptisé, pour la circonstance, capitaine Karim, alors qu’il s’agissait d’un vulgaire figurant fourni par l’ambassade du Koweit.

Ces escroqueries furent fécondes en résultats puisque Saddam Hussein fut battu. Mais il ne l’avait été que partiellement, au grand déplaisir de M. Bush. Celui-ci ne pouvait se présenter en novembre 1992 aux électeurs américains, encore bouleversés par le souvenir des « trois cents bébés arrachés des couveuses » et « jetés sur le sol comme du bois à brûler », sans avoir scalpé M. Saddam Hussein, comme s’il s’était agi d’un Sioux des temps heureux où les glorieux ancêtres procédaient aux nettoyages raciaux des États-Unis.

Le président américain Bush, à la face de carême, n’a rêvé, depuis 1991, qu’à remettre le mauvais coup.

Il a multiplié, une nouvelle fois en 1992, cyniquement, les prétextes en vue de provoquer un conflit nouveau.

D’abord, il inonda l’Irak de délégués-inquisiteurs de l’ONU, prétendant découvrir partout les armes d’une puissance fantastique qu’on prêtait à Saddam Hussein (alors que les États-Unis, eux, en débordent D. Il exigea qu’on en dénichât, jusque dans les caves du ministère de l’Agriculture irakien, où on ne découvrit que des pommes de terre et des choux ! Finalement, les centaines d’enquêteurs tatillons de l’ONU conclurent leurs quatorze inspections sévères en affirmant officiellement, dans leur rapport final, que leurs recherches n’avaient rien donné, qu’aucune preuve d’installation militaire n’était apparue. Ils n’avaient même pas découvert le fameux canon de deux kilomètres de longueur destiné certainement à faire dévier les balles de golf de M. Bush ou à culbuter sa trottinette tout- terrain.

Le canon doublement kilométrique, après un an d’enquêtes acharnées, étant resté invisible aux yeux du monde, il fallait, à M. Bush, trouver un autre prétexte : ce fut l’affaire des Chiites…

Ces Chiites appartiennent à un clan religieux distinct des Sunnites qui, eux, sont des musulmans orthodoxes. Le tout est d’ailleurs très compliqué, les Chiites se décomposant en six sectes différentes, et les Sunnites en quatre.

Bush, fouille-au-pot, ignorant tout, à dix mille kilomètres de distance, des avatars politico- religieux des Irakiens, avait trouvé très malin d’envoyer, à la veille de la guerre du Koweit, des agents de la CIA chez les Kurdes, dans l’Irak du Nord, et chez les Chiites, dans l’Irak du Sud, afin d’exciter ces minorités contre le sunnite Saddam Hussein qu’il entendait bien culbuter en cinq secs, tout en morcelant en trois semi-états son pays.

Bush s’attendait donc à une révolte simultanée, dès sa première fusée, en 1991.

En réalité, les Kurdes et les Chiites ne s’agitèrent que très peu. Malgré le double piège et l’écrasement terroriste de son territoire, Saddam Hussein se tira assez bien d’affaire dans ce pot-au-noir. Les Kurdes, au Nord, se retrouvèrent gros-Jean comme devant en face des Turcs, leurs ennemis mortels, bien décidés à les broyer le jour venu ; quant aux Chiites du Sud, lâchés par les agents provocateurs yankees, ils pataugèrent de nouveau seuls dans les marais spongieux de Bassorah.

Évidemment, cette double trahison, en pleine guerre, devait avoir des suites sur le terrain. Certains meneurs chiites furent arrêtés ; l’un d’eux fut, affirme-t-on, pendu. C’était triste mais assez compréhensible. Et, en tout cas, c’était une affaire politico-religieuse intérieure à un État, et qui ne regardait que lui. De toute façon, si sévices il y eut, ils furent cent fois moins sévères que le traitement que les faux vainqueurs français et belges, alliés des Américains, firent subir, en 1944 et en 1945, à des centaines de milliers de « collaborateurs », massacrés en très grand nombre, ou incarcérés interminablement (à Bruxelles, mon chef d’état-major à la Division Wallonie, un officier d’une correction exemplaire, fils et petit-fils de ministres de la Guerre, se morfondit dans un cachot pendant dix-sept ans !).

En Irak du Sud, l’ayatollah Abolkassem Khoeï avait, pendant la guerre du Golfe, créé en Irak du Sud, à l’instigation des émissaires américains, un Conseil provisoire qui devait remplacer l’Administration centrale. À l’heure des comptes, il eût pu payer sa collaboration d’une corde de chanvre ourlant sa barbe roussie au henné. Mais il avait quatre-vingt-douze ans. Il se retrouva simplement en « résidence surveillée ». il ne dut pas spécialement manquer de soins : on le dota même d’un stimulateur cardiaque ! Rassasié d’années, le saint homme finit, il y a peu, par rendre tranquillement au Dieu de Mahomet sa belle âme particulièrement batailleuse.

À comparer avec l’ignominie que connut, en France, en 1945, son équivalent, le glorieux Maréchal Pétain, devenu le plus vieux bagnard du monde, succombant, à l’ile de Ré, à l’âge de quatre-vingt-quinze ans !

Qui a-t-on jamais entendu parler, à cette époque, d’un quelconque porte-avions américain venant croiser, menaçant, à proximité de ce bagne français ? Et détachant ses avions en rafales au-dessus du cachot du plus illustre vainqueur de la Première Guerre mondiale ?

Le Maréchal Pétain, hélas, n’était pas chiite ! Depuis cinquante ans, son corps attend toujours d’être porté en terre à Verdun, parmi ses soldats. Mais voilà, le pétrole de l’hile de Ré ne débouche pas à Bassorah !

Abandonnés en 1991, ces Chiites allaient donc être ressuscités en 1992.

Pendant des mois, la presse, la radio, la télévision avaient très peu parlé d’eux. On ignorait même ce qu’il en était advenu. Brusquement, ils allaient réapparaître, en toutes grandes vedettes.

Après qu’eût été ratée la conquête finale de l’Irak en 1991, puis, au printemps et à l’été 1992, la mise au ban du monstre Saddam Hussein, présumé camoufleur du canon de deux kilomètres, le turban des Chiites, tout à coup, refit surface. En un tournemain, en Amérique comme en Europe, les forgeurs de bobards l’agitèrent, remplissant de leurs feux d’artifices les écrans mondiaux. M. Bush voulait à tout prix améliorer sa pauvre moyenne électorale en ressortant le criminel Hussein, repeint en anti-Chiite pour la circonstance ! En quelques jours, M. Bush se révéla le défenseur juré de ses ex- compagnons chiites qui avaient si vite été oubliés en 1991 !

Pourquoi, grand Dieu, se lancer dans cette bagarre confuse ? Alors que pas un Américain sur mille ne pourrait citer les noms des sectes qui opposent les Sunnites et les Chiites !

Peu importe ! En quelques jours, à la fin d’août 1992, le porte-avions américain Indépendance, battant la chamade, fut catapulté au fond du golfe Persique, avec ses soixante-dix bombardiers, sillonnant en tout sens l’Irak chiite, vite relayés par les Mirage 2000 et les Tornados, dépêchés en hâte par les Français et par les Anglais, valets entre tous dociles.

Quelle galéjade ! Imagine-t-on, au-dessus de la France républicaine, le survol menaçant d’une flotte aérienne américaine au temps où M. Combes chassait de son pays des milliers de religieux et de religieuses catholiques qui déplaisaient à son anticléricalisme ?

Mais, dans l’Irak de 1992, au nom de la protection sacrée d’une secte inconnue de presque tous, les avions américains, anglais et français guettent sans répit l’incident militaire qui permettrait de déclencher un nouveau massacre terroriste ! Ils veulent à tout prix forlancer dans son gîte le Saddam Hussein hérétique et lui casser le sabot ! Anxieux aussi d’asphyxier définitivement l’Irak en lui coupant tout accès pétrolier au golfe Persique, désormais fief des USA.

Saddam Hussein sait bien que la lutte serait inégale, que ses troupes et son peuple seraient broyés. Il avale sa langue. Il attend.

Mais que penser d’un chef d’État qui, sentant l’électorat le lâcher, se lance au Sud de l’Irak dans une insane bravacherie terroriste, afin de pouvoir échanger de solides monceaux de cadavres arabes contre quelques votes de plus à Chicago ou dans l’Arkansas ?

Le voilà qui ressuscite à cette fin les furieuses guerres de religion du XVIe siècle, des Charles IX et des Catherine de Médicis, avec un amiral de Coligny réapparaissant coiffé d’un turban chiite !

Quitte à scandaliser au plus au point, en Asie et en Afrique, des centaines de millions de Sunnites. Et à déclencher — on ne sait jamais — un conflit international d’une bien plus grande ampleur, renvoyant les Arabes, fidèles à leur foi, du côté de leurs frères spirituels de l’Irak dont ils s’étaient provisoirement détachés en 1991 sous la pression de Bush et consorts !

Juste à l’inverse, en pleine Europe, lorsqu’il eût fallu mettre fin à l’élimination raciste, en 1992, de plusieurs millions de Bosniaques — dépourvus, malheureusement, de naphte —, pas un Casque bleu américain — M. Bush l’a répété avec une impassibilité de croque-mort ! — ne serait envoyé au secours de Sarajevo, ne fût-ce •que pour protéger le parcours des camions de ravitaillement humanitaire de la Croix-Rouge !

Avec le matériel terroriste, unique au monde, que possèdent les Américains, le balayage des agresseurs serbes, aussi faux chiens que pauvres en armements sophistiqués, eût très probablement été réglé en un tournemain. Ne pas oublier qu’avec des moyens beaucoup moindres, en mai 1941, Hitler avait submergé la Yougoslavie entière en dix jours, après qu’eût été monté contre lui, à Belgrade, un coup d’État particulièrement perfide par le fils de Churchill et par l’espion américain Donovan (alors que les États-Unis n’étaient même pas en guerre à cette époque là !)

Mais cette fois, face au drame bosniaque, M. Bush, avec une assurance presque ostentatoire, a dit sèchement : non !

La Bosnie n’est pas intéressante financièrement. Ni électoralement. Résultat : on l’a condamnée à mourir. Elle ne s’en sortira pas.

Par contre, des cadavres irakiens et, surtout, la liquidation physique de Saddam Hussein, aideraient grandement à la propagande électorale : aussitôt le fourreau a été jeté ! M. Bush, faisant le fendant, renflant ses plumes, le fer de la vengeance au poing, a entonné la trompette !

Les bombardiers volent depuis la fin d’août 1992, vingt quatre heures sur vingt quatre, en travers de tout l’Irak du Sud !

Pourvu, se dit Bush, que Saddam Hussein riposte ! Et qu’on puisse à nouveau frapper fort ! Un peu de sang irakien sur les bulletins de vote ne ferait pas mal du tout lors de l’élection périlleuse du mois de novembre !

Jamais dans l’histoire de l’univers on n’a connu une si grimaçante hypocrisie. De Sarajevo à Bassorah, en 1992, se sera déroulé, en guirlandes terroristes, tout le jeu fielleux des refus froidement intéressés et des pires compromissions impudiquement religioso-pétrolières !

On en est là, dans la putridité du monde actuel.

Première loi : le vulgaire profit matériel. Puis le désordre, l’impuissance et l’hypocrisie des États, si immorale fût-elle !

L’horizon de l’économie est partout envahi par des flots de rêves noirs.

Internationalement, les friponneries s’accouplent aux raisonnailleries sournoises. Vingt faux « Traités de paix » ont été violés, le soir même, chaque fois! Des centaines d’écornifleurs diplomatiques, gâchant des millions en frais fabuleux de prestige, y paonnent devant les flaireurs de la télévision. Des millions de spectateurs impuissants ouvrent, devant ces retournements reptatoires, des yeux grands comme des salières.

Pas l’ombre d’un plan pour repêcher trois cents millions de Russes en perdition ! Le pataugeage européen est total face à l’insolence assurée des agresseurs serbes.

Des Casques bleus s’affairent pour convoyer des camions de vivres, ou, parfois, pour prendre la poudre d’escampette ! Chacun sait parfaitement que la Bosnie est fichue, que les Serbes l’occupent déjà aux trois quarts, qu’ils la videront de ses habitants et qu’ils ne céderont jamais un arpent du sol conquis « racialement purifié » !

Pourquoi se gêneraient-ils ? Ils savent que si les démocraties s’agitent de temps en temps, c’est uniquement pour sauver les apparences et calmer les gogos !

Ils se réuniront solennellement cent fois dans des abouchements dont on sait très bien qu’ils ne conduiront absolument à rien. Ils signeront de lourdes et prétentieuses paperasses, annulées avant même que n’ait été débouché le capuchon des stylos. C’est tout. On n’ira pas plus loin dans l’exécution de ce pitoyable camaval.

C’est ainsi. Ce monde actuel, hypocrite, impuissant, farceur en pleine tragédie, est celui qu’on vous a bâti en 1945; c’est lui, suant l’inutilité et la nocivité, que vous, jeunes Européens d’aujourd’hui, allez avoir à abattre.

Léon Degrelle, « Appel aux jeunes européens », 1992.