Léon Degrelle. Contre les farceurs démocratiques.

Nous aussi nous avons eu vingt ans. Nos jours ne reverdiront plus. Mais nos esprits, nos cœurs, sont encore vibrants des idées et des élans spirituels qui, sans doute, vous enflamment encore, vous aussi, nos jeunes camarades européens d’aujourd’hui.

Nationalistes fervents, nous avions remué jusqu’au fond de sa conscience l’âme de notre patrie. Nous voulions la retirer des marécages politiciens où elle étouffait, lui rendre foi dans sa mission, remettre de l’ordre dans ses institutions, rétablir la justice sociale dans une indissoluble collaboration des classes et, surtout, réaliser la révolution des âmes, qui libérerait les hommes d’un matérialisme envahissant.

Puis, en juin 1941, sonnant de clochers en clochers, avait retenti l’heure des grandes possibilités européennes.

Simple soldat, puis caporal, puis sergent, puis officier, puis Commandeur de la 28e Division des Waffen SS Wallonie, j’avais, comme des centaines de milliers de volontaires de notre vieux Continent, aidé, au front de l’Est, à la création, peu comprise au début mais inévitable, d’une Europe fédérant les forces diverses mais complémentaires de nos patries. Elles étaient alors menacées de mort par le communisme soviétique, acharné, depuis 1917, à faire passer sous son knout tous les peuples du monde entier.

Certes, aux premiers temps, nous, Combattants non allemands, étions tous très différents d’un pays à l’autre ; les Espagnols, des Norvégiens; les Français, des Bosniaques ; les Hollandais, des Estoniens. Mais, vite, les épreuves, les souffrances, nous avaient rapprochés. Puis elles avaient scellé notre unité.

Amitié, mais diversité. L’Europe respirait en nous. Après la tourmente, chacune de nos patries, fière de l’honneur de ses armes et du sacrifice de ses morts, eût, dans la gerbe de nos civilisations réunies, fait rayonner et magnifié la personnalité de son peuple.

Vaincus, drapant nos tambours, nous avons vu notre Europe naissante de 1942 se recroqueviller après 1945 dans la banalité, la médiocrité, se livrer éperdument — sans même en deviner la fragilité éphémère — à un besoin furieux de jouir.

Celui-ci lui a terni l’âme. Il en a décomposé les caractéristiques morales et spirituelles. Demain, tout devra être recréé.

Ce dévouement à nos patries et à l’Europe qui les fédérerait, nous l’avons, nous, vos aînés de la Seconde Guerre mondiale, payé terriblement cher. Nous avons été traités à la fourche, nous avons empoché mille coups, connu des ruisseaux d’amertume. On nous a traînés dans la boue. On a assassiné nos êtres les plus aimés. On nous a traqués, partout, avec une rage démoniaque. Mais notre foi est restée entière. Non seulement, l’endurant, nous ne regrettons rien. Malgré nos corps envieillis, si l’occasion de redresser nos drapeaux revenait, nous repartirions sans débrider vers le devoir, avec la même vigueur, le même plaisir et la même résolution inébranlée.

S’il nous faut encore, à présent, ronger notre frein au fond d’un exil aussi interminable que cruel, nous restons, nous resterons, chers camarades d’Europe, vos compagnons jusqu’à notre dernier souffle.

À dire la vérité, vous non plus n’avez pas aujourd’hui la vie facile. Dans tous les pays, des juges affairés et serviles, carcaillant, glougloutant, trottent à vos trousses, tous jupons flottants. Ils réinventent chaque jour le Code civil et le Code pénal pour découvrir — démocratiquement, bien sûr ! — de nouveaux prétextes permettant de vous encager dans leurs ergastules, et d’accabler sous des amendes dédaléennes ceux qui n’acceptent pas de baiser pieusement la plante des pieds de la virago sacro-sainte qu’est leur « démocratie » de foutriquet.

En effet, tout le système acrobatique du parlementarisme repose sur le maintien de ses rites. Dans cette larronnièrerie de potagistes électoraux, des centaines de députés ne sont élus, ou réélus, qu’en s’appuyant sur le ratissage préalable de millions, de centaines de millions, voire parfois de milliards qui assurent la survie et le conditionnement financier de leur machinerie électorale.

Les foules, blasées, croient de moins en moins en ces pantalonnades où l’on doit donner un bœuf pour avoir un œuf.

Forlancés dans leur gîte, les troupeaux politiciens — on le voit partout — sont aux abois. Ils se débattent sur des épines. On vote de moins en moins parce qu’on ne croit plus, nulle part, à ces repêchages tapageurs.

On ne brait plus avec les ânes ; Dans les nouveaux États libérés de l’Est, en Pologne, qui devrait encore être émerveillée du cadeau « démocratique » tout récent, 65 % du public n’est pas allé voter ! Idem en Hongrie ! Quant au Liban, les électeurs se sont déclarés en grève ! Dans la France de 1992, 18 % seulement des votants — des socialistes — ont constitué à eux seuls l’assise officielle du gouvernement. C’est d’ailleurs le fils d’un juif ukrainien, flanqué du rejeton d’un autre juif extrait des ghettos polonais, qui se sont adjugé le soin d’assurer le bonheur de la France stupéfaite.

Ces frelanpiers à l’esprit en écharpe défendent avec une fureur presque risible leur pouvoir de plus en plus branlant.

Mais oser leur lancer au museau que leurs équipes gouvernementales sont tapissées de fausses factures et nourries d’extorsions couvert du sang des hémophiles, qu’en Belgique notamment, un ex- Premier ministre socialiste nommé Cools, à la patte trop avide, s’est fait flinguer par le nervi d’un de ses collègues ministériels spécialisé dans les rackets, vous vaut d’être considéré sur l’heure comme un « criminel fasciste ».

Faire remarquer que les neuf dixièmes des parlementaires, inconnus et incapables, ne servent absolument à rien, sinon à empocher des émoluments fastueux, vous convertit en un intolérable trouble-fête !

Aux opposants qui dénoncent la stérilité des radoteries des assemblées à trois cents, à quatre cents, ou à cinq cents têtes (le plus souvent creuses !), on interdit tout accès constructif à la télévision, ainsi qu’aux meetings multitudinaires où ils pourraient éclairer le peuple berné.

Pour défendre, auprès de la foule bêtasse, leur virginité démocratique, les intrigailleurs du régime, tapissant pompeusement leur bedondaine d’un grand cordon officiel bleu blanc rouge, ameutent des hordes de parasites multiraciaux et multicolores, arrivés à la billebaude de leurs déserts roussis !

Partout, politiquement, socialement, économiquement, moralement, c’est le gâchis : 68 % des Français, selon les dernières enquêtes de presse, se déclarent écœurés.

Chaque pays est accablé d’impôts de folie qui tuent toute envie de créer du neuf.

Vingt mille fonctionnaires irresponsables et hautains, que nul n’a élus, coiffent de leur impuissance la demi-Europe flageolante d’un Marché commun autocratique, ballotté dans des crises à répétitions, étouffé de surplus par les injonctions des roitelets syndicaux, ne manipulant que des pétards démagogiques.

On n’y pondra jamais que des œufs couvis.

Tranche-montagnes, le Marché commun traîne piteusement derrière ses nigauderies seize millions de chômeurs irrécupérables.

Vous, jeunes garçons, jeunes filles de l’Europe réelle, vous voulez substituer à cette gabegie et à ce filoutage ruineux une union d’États sains, sous l’autorité d’un vrai chef, aimé, respecté et choisi librement par le peuple.

Elle sera juste socialement et protégée racialement.

Elle seule mettra fin à la domination arbitraire, aux dragonnades et aux disputailleries d’usurpateurs qui ne méritent même pas l’eau qu’ils boivent et qui ont profité de la défaite de 1945 pour faire le rodomont, mentir à la journée, abêtir les peuples et les domestiquer.

Mais toucher à l’omnipotence des pachas « démocratiques », brassant des intrigues dans leurs escargotières, c’est manipuler de la dynamite. Souvent, vous devez en avoir jusque par-dessus la tête de devoir braver tant d’écornifleurs et de cancres. Il n’empêche, il faut faire face, avec une constance inébranlable, et ne jamais se manquer à soi-même. Le peuple doit savoir que notre doctrine — responsabilité, durée, propreté et compétence d’un pouvoir fort, coopération intelligente des classes, exaltation des vertus fondamentales de la société — est nécessaire. la vie ne vaut que si elle est tendue vers la perfection et vers la grandeur. Nous croyons à l’étincellement des étoiles.

La chasse à l’homme que vous subissez en cette extrémité du siècle, les poires d’angoisse qu’il vous faut avaler, nous, vos aînés, les avons connues comme vous, ou même peut-être plus que vous. Nous aussi avons été privés maintes fois de tout usage des libertés publiques. Notre courage eût pu s’émousser. Alors qu’un million de Belges, par exemple, avaient choisi le Rexisme et qu’en 1936 trente-trois députés et sénateurs avaient, sous ma bannière, été élus démocratiquement, au suffrage universel, nous n’avons jamais pu utiliser une seule fois, de 1936 à 1940, la radio officielle à la disposition pourtant de tous les partis hantant la baraque parlementaire !

Telle était, dès avant la Deuxième Guerre mondiale, l’intolérance imbécile et le ratissage des cervelles dans les « démocraties » !

Dès alors, nous étions des pestiférés parce que nous voulions substituer à un régime corrompu, anarchique et ruineux, un État propre, fort et populaire.

Et aussi, parce que — crime suprême ! — nous refusions d’être les complices du déclenchement d’une Deuxième Guerre mondiale « inutile et imbécile » (Spaak dixit), celle-là que les boute-feux du marxisme et de la juiverie mondiale, soutenus par un hyper-capitalisme apatride aux appétits canins, imposèrent, par haine et par frousse, à l’Europe de Septembre 1939.

Cette énorme guerre civile, il nous a fallu l’affronter, surtout lorsque le communisme s’ébranla vers nos pays occidentaux, décidé à convertir l’Europe ensanglantée de 1940-1941 en sa pâtée de choix.

Nous avons lutté durement, offert pendant des années terribles notre jeunesse et notre sang. Nous avons connu le froid, la faim, et d’interminables souffrances dans les immensités glacées du front de l’Est. Plusieurs millions de nos camarades de combat sont tombés. Des milliers d’autres, après tant de sacrifices, ont enduré pendant des années les horreurs des prisons dans leur propre patrie.

Les escrocs de la canaillocratie dite « démocratique » parlent souvent aux gobe-mouches des cruautés d’alors. En prenant grand soin de les faire endosser à leurs adversaires !

Les cruautés, c’est bien l’URSS, l’alliée très chérie qui, battant tous les records, les avait perpétrées depuis 1917 à des dizaines de millions d’exemplaires, sur son propre sol !

Les Anglais, premiers venus outre-Atlantique, et les nouveaux venus américains s’étaient fait la main en massacrant, dans les USA tout neufs, plus de quatre millions d’Indiens (200.000 survivants sur 5 millions), afin d’extirper cette race grâce à cet énorme génocide. Ce sont eux, en outre, qui avaient aussi estampé plusieurs millions de Noirs afin de marquer dans leur chair leur esclavage.

Ils avaient inauguré, en Europe et en Asie, entre 1941 et 1945, leur unique tactique de guerre du XXe siècle : le terrorisme, massacrant des centaines de milliers de civils sous leurs bombardements éléphantesques à Hambourg, à Cologne, à Berlin, à Dresde, puis à Hiroshima et à Nagasaki.

Ce sont eux aussi qui, après le 8 mai 1945, livrèrent à la tyrannie des Soviets, pour près de cinquante ans, les cent millions de nos compatriotes de l’Est !

Ce sont eux encore qui, en 1945 et 1946, firent périr de misère et de faim, dans leurs camps du Reich et de la France, un million de prisonniers allemands, alors que leurs dépôts regorgeaient de vivres délibérément inemployées.

Ce sont eux enfin, qui, après la guerre, ont permis que plusieurs millions de civils en fuite, des Prussiens, des Silésiens, des Allemands, des Sudètes, fussent exterminés au cours d’un « nettoyage racial » terriblement sauvage !

Les Américains, les Anglais — et leurs amis russes, récemment reblanchis à la machine à laver ! — peuvent bien dénoncer le racisme des Serbes assassinant des populations civiles de Croatie et de Bosnie, afin de posséder de nouveaux territoires « purgés racialement », ce n’est que la répétition mathématique des exterminations que les « démocraties » avaient déployées lors du génocide de plus de quatre millions d’Indiens, puis, après la Seconde Guerre mondiale, sur les terres confisquées à l’État allemand ! On connaît à présent les horribles chiffres : près de 2.280.000 réfugiés du Reich périrent sur les routes de l’exil, mourant de faim ou assassinés par les Soviétiques et par leurs séides ; 80.000 autres disparurent ; plus d’un million de survivants furent déportés en Sibérie. L’historien Jacques de Launay a narré en détail ces abominations dans son livre célèbre, La Grande Débâcle.

On comprend qu’en Croatie et en Bosnie, en 1992, les Américains et les Anglais — les Russes se faisant tout petits ! — n’aient réagi contre les conquérants yougoslaves qu’en recourant à des palinodies. Ce que les Serbes faisaient, eux-mêmes et leurs chers alliés soviétiques l’avaient fait, à plusieurs reprises et à très grande échelle, ou l’avaient laissé faire ! Leurs larmes hypocrites, c’étaient de vieux crocodiles qui les versaient. Les Serbes, en vidant, en 1992, de leurs populations civiles les terres qu’ils envahissaient, n’avaient été que leurs modestes imitateurs !

Staline, Churchill, Roosevelt avaient été leurs maîtres, les maîtres-tueurs de la première moitié du XXe siècle.

Léon Degrelle, « Appel aux jeunes européens », 1992.