La fidélité.

Un utilisateur, « Die Hard », m’a récemment demandé de donner mon avis personnel sur le sujet de la fidélité sur le forum SS. Plutôt que de poster quelque chose sur le forum, j’ai pensé qu’un lectorat plus large pourrait être intéressé par la discussion : 

Donc… Vous… Les gars, vous êtes mariés… Rolle m’a dit récemment qu’il n’avait jamais trompé sa femme, et je suis sûr que Slick et Back n’ont jamais fait ça également.

Ma question est la suivante : pourquoi ?

Avant d’être mariés, les gars, vous n’aviez absolument aucun problème avec le fait de tourner des assiettes et de baiser plusieurs filles en même temps. Alors pourquoi avez-vous un problème avec ça maintenant ? Quel AVANTAGE vous apporte le fait d’être monogame avec votre femme ? 

On me demande constamment : « comment pouvez-vous proposer les idées que vous proposez et être encore marié ? ». C’est en fait à cause de mon mariage que je me sens qualifié pour dire ce que je dis. Sur ce blog et dans mes messages sur le forum, je m’impose de ne pas inclure trop de détails personnels sur mon expérience individuelle ; d’abord parce que cela contribue à de la partialité dans l’analyse, et deuxièmement parce qu’il y a toujours cette tendance à généraliser à tout le monde ce que nous avons vécu nous-même. Cependant, pour répondre à votre question, je dois d’abord vous donner quelques informations sur moi-même, donc je m’excuse à l’avance si je vous semble un peu égotiste.

Une petite histoire.

Dans mon adolescence, j’étais le stéréotype de l’homme beta, mais j’étais quand même extraverti. On s’est joué de moi et je me suis fait rejeté constamment jusqu’à ma dernière année de lycée. J’ai baisé pour la première fois à 17 ans avec la première fille qui a acceptée d’être ma « petite-amie ». J’ai littéralement réorganisé ma vie pour avoir des relations sexuelles régulières, au point que je voyagerais d’un bout à l’autre de L.A. en bus pendant le week-end. Je ne vous ennuierai pas avec les détails de cette histoire, mais il suffit de dire que ça ne s’est pas bien terminé.

C’est après cela, que l’homme de 20 ans que j’étais a décidé qu’il aimait plus baiser que jouer au « Nice Guy » qui galérait avec sa « petite amie ». Je jouais déjà dans des groupes à ce stade et la scène métal hollywoodienne de la fin des années 80 et du début des années 90 me suppliait de venir jouer, et à 21 ans, j’étais enfin assez vieux pour le faire.

J’étais comme un enfant dans un magasin de bonbons. Mince, de très longs cheveux blonds, jouant dans deux groupes très populaires, à des ouvertures pour des concerts nationaux, et des sessions pour des émissions de télévision (Paramount) de temps en temps ; à 22 ans, il était si facile de baiser des femmes que je n’envisageais même pas d’essayer de me mettre en couple avec elles. J’avais un jeu de séduction à l’époque, mais c’était le jeu de séduction « par défaut », non-pratiqué, qui vient de la confiance en soi :  savoir que vous avez une preuve sociale instantanée et que les femmes vont vous approcher. Ce qui était assez drôle parce que la plupart du temps je n’avais pas d’argent du tout, mais je réussissais en quelque sorte à avoir des femmes qui m’achetaient des boissons et toutes sortes de « cadeaux » pour compenser cela. 

Sur plus de 40 femmes que j’ai baisées, environ 38 d’entre elles avaient entre 21 et 25 ans. Et il y avait toutes sortes de femmes ; surtout les « salopes » qu’on rencontre dans les clubs, celles que les hommes de la communauté aiment critiquer, mais aussi quelques « latinas » sympas, deux MILFs (l’une était manager pour le groupe dans lequel je jouais), une mère célibataire, deux strip-teaseuses, une belle fille qui fréquentait l’église, et même une fille vietnamienne qui pouvait baiser comme le diable de Tasmanie. J’ai connu des femmes de 17 à 45 ans. Blondes, brunes, rousses, gros seins, petits seins, grosse, une qui était accro à la coke, une fille avec un MBA, plusieurs faisant des études supérieures. Je n’ai jamais eu de pensée pour les filles qui, au lycée, m’avaient rejeté. Je faisais naturellement quelque chose que je n’ai théorisé que bien plus tard : la théorie des assiettes. 

C’est devenu si facile que je pouvais aller dans un club dans un autre état, où personne ne me connaissait, et je pouvais quand même draguer des filles dont la plupart des hommes ne font que rêver. Mais tout cela s’est terminé quand j’ai rencontré une fille totalement folle. Ce fût le véritable test pour savoir si j’étais ou non un homme beta : je voulais qu’elle soit la « fille de mes rêves », alors qu’elle n’était que la fille de Satan. Chaque « haut » que je ressentais se transformait inévitablement en une situation très misérable, un « bas » plus bas que bas. C’était un véritable enfer, mais un enfer dans lequel je voulais vivre. J’ai eu l’occasion de fuir cette relation, il y avait d’autres femmes prêtes à s’engager avec moi, pendant un certain temps, mais je voulais que cette fille-là soit « mon âme sœur ». 

C’est à ce point le plus bas, que j’ai su que j’étais encore plus bas qu’un homme beta : avec elle, j’étais devenu un homme oméga. 

Ce n’est que 4 ans après m’être arraché à cette toile d’araignée que je me suis graduellement transformé vers un état d’esprit d’adulte Alpha. J’ai changé d’avis sur moi-même, je me suis remis sur pied, et j’ai fait de moi-même ma propre priorité. 

« L’après-vie ».

Avant de rencontrer Madame Tomassi, j’étais le trompeur, et le trompé. J’ai couché avec des femmes « appartenant » à d’autres hommes, et j’ai eu des relations sexuelles deux heures après avoir rencontré certaines filles. On m’a trompé, et j’ai été fait cocu par la fille dont je parlais plus haut. J’ai fait tout ça. Beaucoup d’hommes disent qu’ils sont devenus monogames parce qu’ils n’ont plus envie de jouer aux séducteurs, mais ils n’ont jamais connu ce que c’était que d’avoir une vie de séducteur. Ils s’installent parce qu’ils préfèrent le sexe « certain » et banal plutôt que de risquer un rejet plus réel. De mon point de vue personnel, je rigole haut et fort de cette rationalisation – surtout quand j’entends un homme marié depuis 3 ou 4 ans me dire qu’il est tenté de tromper sa femme ou qu’il se demande ce que ça ferait de baiser telle ou telle fille, si seulement il ne s’était pas marié si tôt. Ils ne peuvent pas échapper au doute tenace : que leur vie aurait pu être quelque chose de différent si seulement ils avaient tenu plus longtemps.

Je pense qu’il est d’une importance vitale pour les hommes de « sortir de leur système » et d’expérimenter les femmes d’une manière aussi viscérale, émotionnelle et pratique que possible, avant même d’envisager la monogamie. Beaucoup de mes critiques aiment à dire, « eh bien ! Nous ne pouvons pas tous être comme Rollo et tout faire correctement ! », mais je professe ce que je fais parce que j’ai commis de nombreuses erreurs. J’attribue le succès de mon mariage au fait que j’ai eu de nombreuses expériences dans ma vingtaine.

Quand j’envisageais de proposer à Madame Tomassi de devenir ma femme, la seule préoccupation générale que j’avais n’était pas de vérifier si elle remplissait une liste de prérequis de qualités conjugales. Ma première pensée, c’était de me demander : « est-elle quelqu’un à qui je peux rester fidèle ? », c’était ma principale préoccupation, est-elle une femme que je peux tromper ? Je me connais, je me suis vu le faire. J’ai eu de la chance en ce que pendant plus de 15 ans, elle a été une grande épouse, mère et compagne, mais honnêtement, je voulais une femme qui garderait mon intérêt sexuel à perpétuité. Elle est beaucoup plus que cela, mais en toute honnêteté, je voulais une femme qui resterait aussi chaude et sexuellement disponible que possible pour le plus longtemps possible. Appelez ça de la superficialité si vous voulez, mais je ne l’ai jamais trompée en plus de 16 ans parce qu’elle a été cela, et dans mon métier, les opportunités sont toujours là. 

Infidélité.

Ce que la plupart des gens ne comprennent pas au sujet de l’infidélité, c’est que, pour que la tromperie se produise, deux éléments principaux doivent être présents : la cause et l’opportunité. Les femmes ont tendance à se laisser prendre dans les détails de la tromperie parce que cela attise leur besoin d’indignation ; même par procuration, à travers leurs copines, elles préfèrent se vautrer dans la « ruée chimique » que la jalousie, la suspicion et la trahison induisent pour elles. Les gars aussi dans une certaine mesure, mais je pense qu’ils se concentrent davantage sur la perte de l’investissement, en particulier l’investissement émotionnel. Ce que les deux ne voient pas, c’est le raisonnement derrière cet acte d’infidélité.

La plupart des hommes ne trompent jamais simplement parce qu’ils n’ont pas l’occasion de le faire. Soit ils ne sont pas dans le bon environnement ou ils manquent tout simplement de jeu de séduction, ou ne sont pas assez attrayants pour que les femmes envisagent de coucher avec eux. Ce sont les gars qui déclareront, à juste titre, qu’ils sont fiers de leurs convictions en restant fidèles à leurs épouses, alors qu’en fait, ils font de leur nécessité une vertu, due aux circonstances. Lorsque vous regardez comment la plupart des infidélités se déroulent, c’est souvent motivé par la proximité d’un partenaire consentant. L’opportunité est circonstancielle.

La cause de la tromperie est beaucoup plus complexe. Pour les hommes, c’est souvent dérivé d’un sentiment de ne pas être apprécié, mais plus que ça, c’est le manque d’intérêt sexuel de leur femme ou leur propre manque d’intérêt pour elle parce qu’elle a dégénéré en quelque chose qu’ils n’ont jamais pensé qu’elle deviendrait.

Comme je l’ai déjà dit, si vous ne savez pas ce que vous manquez, vous penserez que vous manquez quelque chose. Je connais un grand nombre d’hommes qui ont trompé leur partenaire, parce qu’ils ont réalisé leur véritable potentiel de séduction, et qui ont préféré exercer ce potentiel plutôt que de rester confiné dans la « sécurité » qu’ils pensaient trouver dans le mariage. 

Il y a beaucoup d’hommes qui ont de nombreuses raisons de tromper, mais qui ne le font jamais parce qu’ils n’ont tout simplement pas d’option réelle pour le faire. Ce n’est peut-être pas suffisant pour certains hommes, et ils vont alors étendre cette cause en créant leurs propres options pour le faire : ils baisent une prostituée, ou se mettent dans des situations où ils pourraient tromper. Ensuite, il y a des hommes comme moi qui ont beaucoup d’occasions de tromper dans le cadre de leur travail, mais qui ne le font pas parce qu’ils n’ont pas de vraie raison.

J’aimerai parler avec la hauteur morale d’un homme qui serait une sorte de « Promise Keeper », mais je n’ai réellement aucune raison de tromper ma femme. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas été tenté, mais dans le fond de mon esprit, je sais que j’ai baisé une fille comparable dans mon passé. Je ne m’attarde pas sur la question de savoir ce que ce serait de baiser une de mes « pour girls », ou la réceptionniste sexy de l’un de nos distributeurs, parce que je me souviens d’avoir affectueusement baisé une fille qui lui ressemblait, il y a 20 ans de ça. Pour moi, l’un des avantages d’avoir vécu la théorie des assiettes (quoique par inadvertance) est de savoir que j’ai escaladé cette montagne il y a quelque temps.

Oui, j’aime ma femme, nous avons un respect mutuel, et nous nous correspondons bien, mais je ne me sens pas d’écrasante culpabilité à trouver qu’une autre femme est attrayante. En fait, Madame Tomassi me dit que quand j’arrêterai de regarder les femmes sexy, c’est le jour où elle commencera à s’inquiéter. Au cours des 16 dernières années, elle a été quelqu’un à qui je pouvais être fidèle. Ma femme me fait implicitement confiance ; en fait, elle a été l’inspiration de, ou disons qu’elle a planté en moi le germe d’une idée qui ont donné lieu à la rédaction d’un grand nombre d’articles, et des articles que la plupart de mes lecteurs trouveraient surprenant. En 2010, je suis parti pour un lancement de produit à Aruba. J’étais entouré de femmes étonnantes, dont aucune ne pouvait être notée en dessous de 8,5/10. Ils m’avaient mis dans l’une des meilleures suites de l’hôtel. Quand j’ai dit à Madame Tomassi que je serais parti pendant 4 jours à Aruba, elle m’a dit : « si tu vas pêcher là-bas, tu devras apporter de l’argent supplémentaire ». Combien de femmes mariés n’auraient rien dit à leurs hommes dans de telles circonstances ? Combien d’hommes n’auraient pas eu la permission d’y aller ? 

Avantages.

Vous avez également demandé s’il y avait un avantage particulier à la monogamie qui ne peut pas être atteint lorsqu’on pratique la théorie des assiettes : au-delà du fait d’avoir éduqué une belle et intelligente fille de 13 ans, non, il n’y en a pas vraiment. Est-ce que ça a l’air bizarre ou insensible ? Probablement, parce que je ne pense pas qu’une comparaison entre l’un ou l’autre de ces modes de vie soit vraiment quelque chose à faire. Je pense que ce sont deux façons de vivre différentes, et l’un n’est pas nécessairement mieux que l’autre – c’est juste différent, pour différentes personnes, à différentes phases de la vie. Pour info, je ne suis pas anti-mariage, je suis anti-je-n’ai-pas-vu-le-divorce-venir-comment-a-t-elle-pu-me-faire-ça-l’hypergamie-est-une-chose-horrible.

Est-ce que je sais que le mariage est un racket et met légalement et socialement un homme dans une situation extrêmement désavantageuse ? Oui. Suis-je au courant de l’industrie de la fraude au divorce ? Oui. Dois-je comprendre que pour qu’une femme atteigne ses impératifs sexuels, je dois nécessairement sacrifier la mienne ? J’ai écrit des volumes à ce sujet. Est-ce que je sais que les femmes n’ont fondamentalement pas la capacité d’apprécier les sacrifices qu’un homme fait pour assurer ses impératifs sexuels ? Vous le demandez vraiment ? Alors pourquoi se marier ?

Avant sa mort, je me souviens d’une conversation que j’ai eue avec mon père où je lui demandais pourquoi il avait épousé ma mère. Je n’ai jamais pu obtenir une réponse claire venant de lui, mais il n’était pas insaisissable. J’étais plus jeune et célibataire à l’époque, maintenant que je suis plus âgé, je pense que je comprends qu’il me disait la vérité quand il a dit : « cela semblait être une bonne idée à l’époque ». Il pensait honnêtement que ma mère et lui pouvaient vivre toute une vie ensemble quand ils se sont mariés au milieu de la vingtaine.

La raison pour laquelle je lui ai demandé, c’est parce que je ne savais pratiquement rien de leurs premiers moments, et comment ces personnalités disparates pouvaient se réunir, et donc m’avoir. Il est décédé en septembre 2010 et je me suis replongé dans des vieux albums photos avec ma mère. Voici cette vie que mon père a vécu, dans ces photos, dont je n’avais aucune idée. Des photos de mes parents des années avant que mon frère et moi ne naissions. Beaucoup de clichés de leurs jours de navigation, au début des années 60, avec des amis dont je n’avais jamais entendu parler, et un début de vie où aucun enfant n’était présent. Juste en parcourant ces photos, j’ai eu une toute nouvelle perspective sur ce vieil homme. Il était amoureux de ma mère, de ma mère qui avait quitté la famille au milieu des années 70. Ils ont divorcé quand j’avais environ 8 ans, je pense, et depuis lors, je ne les ai jamais connus que comme des entités distinctes.

Je pense que si la plupart des hommes sont honnêtes avec eux-mêmes, à un certain niveau, ils achètent l’idée qu’ils peuvent vivre une existence, ou être heureux ensemble, pour une vie, avec une femme idyllique. Honnêtement, je ne peux pas vous dire pourquoi j’ai proposé à Madame Tomassi de devenir ma femme. Je n’ai pas été forcé par la grossesse ou émotionnellement contraint par la névrose de certains « problèmes psychologiques ». Maintenant, je ne peux que faire écho aux paroles de mon père, « cela semblait être une bonne idée à l’époque ». Ça semble toujours être une bonne idée, et je ne suis pas naïf sur ce qui pourrait arriver, et je sais que les femmes sont pleinement capables de trahir un homme après 20 ans de mariage. Il n’y a pas de sécurité dans le mariage.

Les hommes sont les vrais romantiques, pas les femmes. Ils parlent, ils parlent, mais ce sont les hommes qui sont les vrais esclaves du romantisme. Ce sont les hommes qui conçoivent chaque geste romantique, chaque attention. Madame Tomassi porte l’alliance que mon père a choisie pour ma mère il y a des années de ça. L’histoire de cette alliance est un peu perdue maintenant, elle aime juste la bague et la vie continue. Nous voulons croire au conte de fées. Nous voulons croire que nous serons l’exception contre toute attente et contre chaque histoire d’horreur. Mon père était probablement l’homme le moins inspiré que vous ayez jamais rencontré quand il s’agissait de femmes. Il était très analytique, il était très ordonné dans sa vie, mais il était aussi un sauveur désespéré pour les femmes. Je ne l’appellerais pas « chevalier blanc » ; il était beaucoup trop rationnel pour la chevalerie, mais il a fait ce qu’il a fait parce que lui, l’athée convaincu, croyait que le mariage pouvait vous rendre heureux. À un moment donné, mon père a regardé cette bague dans la bijouterie et a pensé « oui, c’est un beau bijoux, que je souhaite voir porté par ma femme ».


Source : « Fidelity » publié par Rollo Tomassi le 28 février 2012.

Illustration : Jeremy Wong.