Jour de Saint-Valentin.

Rien de signifie mieux « Je t’aime » qu’un plat saturé de gras et de la lingerie. 

Aux États-Unis, les entreprises s’attendent à ce que les hommes dépensent en moyenne 186 $ pour la Saint-Valentin, soit plus de trois fois la moyenne de ce qu’une femme dépense pour un homme. Expliquez-moi pourquoi les femmes possèdent le jour de la Saint-Valentin ? Si c’est une « célébration de l’amour romantique » pourquoi ce jour-là devrait-il être un test annuel ?

Clarifions certaines choses au sujet du jour de la Saint-Valentin puisque cette journée est devenue probablement la manifestation la plus pénible du romantisme occidentalisé et commercialisé. La Saint-Valentin est de loin l’affichage le plus vulgaire de la gratification de l’Ego des femmes. En aucune autre occasion – même l’anniversaire d’une femme, ou son anniversaire de mariage – ce sentiment de « droit à » n’est plus prononcé, et la commercialisation de ce « droit à » oblige les hommes à se montrer à la hauteur (les femmes attendent beaucoup des hommes) alors même qu’ils n’obtiendront AUCUNE réciprocité. L’homme est considéré comme « chanceux » si les efforts romantiques qu’ils fait conviennent à sa copine, qui s’attends à beaucoup de chose, puisque les médias le lui dont dit, et si l’homme est « assez bon », alors il sera récompensé par du sexe. 

Et les médias exploitent ce phénomène. Je ne peux pas y échapper : chaque station de radio, chaque émission de télévision, chaque article de journal et de magazine. Allez sur askmen.com en ce moment, je vous garantis qu’il y a un article sur « comment ne pas foutre en l’air le jour de la Saint-Valentin de cette année pour elle ».

J’ai écouté une émission de radio que j’écoute régulièrement sur mon trajet de retour du vendredi ; il s’agissait de ce qu’il ne faut pas acheter cette année. « N’achetez pas de lingerie, elle sait que c’est en réalité un cadeau pour vous-même » ou « N’achetez pas des fleurs à la station-service, les femmes savent qu’elles sont bon marché », et « Que Dieu vous pardonne d’acheter des bijoux bon marché ou de vous arrêter à l’un de ces magasins de bord de route qui vendent des paniers de fleurs préparées ou des arrangements de ce genre – les femmes savent que vous n’y avez pas pensé, jusqu’à ce que vous soyez sur le chemin du retour ». Sur mon trajet domicile-travail de ce matin, spectacle différent, même liste. [Note : ne jamais acheter de lingerie à une femme, elle ne sera jamais heureuse avec ça. Une femme doit faire cet achat par elle-même pour « se sentir sexy », s’assurer que ça correspond à ses goûts, et ça doit être son idée. Lorsque vous achetez pour elle, c’est artificiel et cela manifeste est souvent « le baiser de la mort » pour un gars qui essaie de faire de son mieux mais dont les jours en couple sont comptés].

Pourquoi les femmes n’auraient-elles pas toutes ces attentes ? Elles sont ciblées sans relâche par les publicités, comme étant les principales consommatrices dans la culture occidentale. La Saint-Valentin n’est pas une célébration de l’amour romantique, c’est une machine qui engendre de part et d’autre des « attentes » et des « droits » entre des couples qui, habituellement et au quotidien, sont heureux, si ce n’est relativement satisfaits de leurs vies de couple.

Je ne suis pas contre l’idée d’avoir une occasion spéciale pour célébrer l’amour (j’ai d’ailleurs proposé à Madame Tomassi de m’épouser le jour de la Saint-valentin d’il y a 15 ans), je suis contre les attentes tordues qui ont été perverties chez les femmes, qui placent une femme sur un piédestal de « droit à », via la commercialisation de cet idéal féminisé. Pourquoi n’y a-t-il pas un jour férié officiel pour « Faire l’amour à votre copain de manière sauvage » ou une liste de critères à respecter qui rendront sa journée spéciale ? « Montrez-lui combien vous êtes reconnaissante de toute sa fiabilité et de son travail acharné cette année – achetez de la lingerie et prétendez que vous l’aimez voir jouir en ce jour spécial ! ». Si les femmes sont si « libérées » et « intéressées par l’égalité », on pourrait penser que ce serait la première chose qui leur viendrait à l’esprit. On a besoin d’une journée spéciale pour nous faire apprécier l’un l’autre ?

Messieurs, prenez garde à ne pas tomber dans le piège qui consiste à négocier le désir pendant les festivités de la Saint-Valentin. Ne vous laisser pas bercer par la pensée que le jeu de séduction est moins nécessaire le jour de la Saint-Valentin. En fait, je ne peux pas penser à une illustration plus directe de la façon dont le féminin encourage la transaction des biens et services des hommes en échange de la sexualité des femmes que par le fait de réserver une « journée spéciale » juste pour ça. Rappelez-vous, vous ne pouvez pas négocier un désir véritable ; et avec le bon art, un sac de bonbons peut être un geste plus romantique que tous les sonnets, fleurs et bijoux qu’elle pourra jamais recevoir.

Note aux séducteurs. 

La Saint-Valentin est pleine d’occasions pour un homme entreprenant qui la capacité de voir les opportunités. Allez dans les clubs demain soir, en particulier ceux qui sont fréquentés par une classe aisée entre 25 et 40 ans. Il y a un million de lieux différents où vous pouvez aller, tous avec des promotions pour aider les femmes célibataires à se sentir mieux si elles n’ont pas de rendez-vous – généralement avec des cocktails offerts, cela aidera votre approche. Vous remarquerez des « nuits de filles » mises en place juste pour cette occasion, afin qu’elles se prouvent « qu’elles n’ont pas besoin d’hommes pour passer un bon moment ». Un bon séducteur ne pouvait pas trouver une meilleure occasion pour brancher en plusieurs endroits.

N’allez pas jouer à « l’ami de pitié » avec n’importe quelle fille le jour de la Saint-Valentin, ne soyez pas le rendez-vous de consolation « tu es un si bon ami ». Appelez votre meilleur ailier et draguez pendant la meilleure nuit de l’année. Les réceptions de mariage ne sont même pas aussi bon que les jours de Saint-Valentin pour cela.

La Saint-Valentin dans la matrice.

Juste au cas où vous n’étiez pas déjà convaincu de l’ensemble du contrôle des médias que la matrice a sur la société, permettez-moi d’offrir encore un exemple de la Saint-Valentin dans le monde de la pilule bleue :

J’étais dans une épicerie ce week-end, occupé à prendre quelque chose à manger et j’ai pensé que ce serait un moment pratique pour acheter une carte de Saint-Valentin pour ma femme car le jour approche cette semaine. Donc, je me ballade dans la section des cartes de vœux pour explorer cette culture de sentiment mou. À mon grand dégoût, les seules cartes disponibles dans la section « pour ma femme » (et je veux dire seulement les cartes disponibles) se regroupent en deux types :

A.) Le sentimental « ma vie n’était rien avant toi et ne serait rien sans toi », qui réduit un homme à un demandeur co-dépendant qui doit son existence même à la femme qui a daigné épouser la pauvre âme qu’il est.

B.) La Saint-Valentin « humoristique » qui est essentiellement l’équivalent de la carte de vœux à tout le monde. Ceux-ci sont essentiellement destinés à mendier le pardon d’une femme pour tous les défauts et faiblesses exclusivement masculines, que seule elle peut résoudre en vertu de ses ruses féminines infaillibles. A en juger par l’intention « humoristique » de ces cartes, aucun homme n’est capable de se nourrir, encore moins demander une direction, ou de laisser un siège de toilette vers le bas, mais sur « son jour spécial » cette carte est destinée à provoquer un rire apologétique.

Inutile de dire que je vais faire ma propre carte cette année, mais pour l’amour de Dieu, pourra-t-on un jour arrêter de nous bassiner avec cette « fête » ? Vous ne pouvez tout simplement pas trouver une carte qui ne force pas un homme à s’auto-déprécier.


Source : « V-Day » publié par Rollo Tomassi le 13 février 2012.