Une ligue à vous seul.

« Rollo, j’ai pris conscience du jeu de séduction récemment, j’ai pris la pilule rouge, et je rencontre des filles avec de plus en plus de succès depuis ma conversion, mais je ne peux pas m’empêcher de ressentir l’impression que les filles vraiment belles sont en dehors de ma catégorie, de ma ligue.

Des suggestions ? ».

Règle de fer de Tomassi #8

Laissez une femme trouver elle-même des raisons pour lesquelles elle ne couchera pas avec vous, ne le faites pas pour elle. 

Une grande partie du maintien de l’impératif féminin en tant qu’impératif social par défaut consiste à faire en sorte que les femmes soient les principaux sélecteurs sexuels. Comme je l’ai détaillé dans de nombreux articles précédents, cela signifie que la stratégie sexuelle d’une femme nécessite qu’elle soit dans un état aussi optimisé que possible, pour que sa capacité (attractivité) lui permette de choisir parmi les meilleurs mâles disponibles pour satisfaire sa stratégie (hypergamie).

C’est vraiment la définition de l’hypergamie, et sur un plan individuel, je crois que seuls les hommes les plus soumis à la matrice ne réalisent pas cela à un certain degré de conscience. Cependant, ce qui, je pense, échappe à beaucoup d’hommes, c’est la nature complexe de l’hypergamie à l’échelle sociale. Pour que l’hypergamie maintienne sa position dominante en tant que stratégie sexuelle par défaut pour notre société, il est nécessaire que l’impératif féminin maintienne l’existence, favorise de nouvelles conventions sociales complexes qui la servent. La portée de ces conventions va du conditionnement psychologique individualisé au début de la vie, à la grande échelle de l’ingénierie sociale (par exemple le féminisme, la religion, le gouvernement, etc.).

Une de ces conventions sociales qui fonctionne à la fois à échelle individuelle et sociétale est l’idée de « ligues ». L’idée fondamentale que la théorie de la correspondance sociale expose est que « toutes choses étant égales par ailleurs, une personne aura tendance à être attirée par une autre personne qui est du même degré d’attractivité physique qu’elle-même et sera plus susceptible de s’associer à une autre personne qui est du même degré ou de la même beauté physique qu’elle-même ». C’est là l’idée derrière le concept de « ligues ». La convention sociale de la mentalité des « ligues » est l’endroit où « toutes choses ne sont pas égales » et elle est utilisée pour soutenir l’impératif féminin, tout en soutenant commodément, en fonction des besoins, le principe de la théorie de la correspondance sociale.

La fonction latente des « ligues » consiste à encourager les hommes à se filtrer eux-mêmes pour l’approbation des femmes. [Autrement dit, les hommes doivent se présélectionner eux-mêmes avant de draguer une femme].

À mesure que les conditions sociales progressent et deviennent plus complexes, la capacité des hommes à imiter les attributs personnels de la richesse et de la sécurité deviennent également plus complexes. En d’autres termes, les hommes de moindre importance deviennent assez intelligents pour contourner les filtres sexuels existants des femmes et ainsi contrecarrer leur stratégie sexuelle. Ces complexités toujours croissantes rendaient difficile l’identification des hommes parfaitement « aptes » à être de bon partenaires, et les femmes, étant le principal sélecteur sexuel, avaient besoin de diverses constructions sociales pour trier le blé de la paille. Avec chaque nouvelle génération, on ne pouvait pas s’attendre à ce que les femmes fassent tout ce travail de détective par elles-mêmes, de sorte que l’impératif féminin a demandé l’aide des hommes eux-mêmes et a créé des doctrines sociales auto-perpétuées et auto-intériorisées pour que les hommes se conforment à l’ordre d’exister dans une société féminine/féminisée/féministe.

Le concept de ligues n’est qu’une de ces doctrines. Votre doute de vous-même sur votre « valeur » par rapport à une femme provient d’une idée pré-conditionnée que « vous êtes hors de sa ligue ». L’idée que « si vous pensez que vous ne pouvez pas, vous avez raison » est vraie, et l’enthousiasme sans bornes peut surmonter certains obstacles, mais pour aborder la source de la maladie, il est plus important de se demander « pourquoi avez-vous appris à penser que vous ne pouvez pas draguer cette femme ? ». Beaucoup d’anxiété d’approche vient de votre propre auto-impression – « Suis-je assez beau, riche, drôle, confiant, intéressant, décidé, et assez bien habillé pour gagner l’attention d’une 9/10 ? Que diriez-vous face à une 6/10 ? Notre grand danger n’est pas que nous visions trop haut et que nous échouions, mais que nous visions trop bas et que nous réussissions.

Je ne discute pas de la légitimité des normes d’évaluation sur marché sexuel – c’est une dure réalité, souvent cruelle – ce que j’essaie vraiment de faire est d’ouvrir les yeux sur les raisons pour lesquelles vous croyez que vous êtes seulement méritoire d’une 7/10 au maximum.

Les apparences comptent pour beaucoup, comme le jeu, la richesse, la personnalité, le talent, etc. mais votre auto-estimation est-elle exacte, ou êtes-vous un participant volontaire dans votre propre auto dévaluation sur le marché sexuel, afin vous soumettre à la « mentalité des ligues », ce que l’impératif féminin veux justement vous faire croire. 

L’économie de la ligue.

Comme je l’ai dit ci-dessus, le but de cette convention sociale est de créer une mentalité particulière chez les hommes, afin que ceux-ci se filtrent eux-mêmes avant de se présenter à une femme, pour laisser à celles-ci plus de liberté de choisir parmi des profils déjà présélectionnés, cependant, cette convention sociale sert également à augmenter artificiellement la valeur des femmes dans la société. Comme toute grande entité économique, l’impératif féminin vit et meurt selon sa capacité à gonfler sa valeur sur le marché. Essentiellement, l’impératif féminin est un outil de marketing. L’une des tristes ironies de cette situation, depuis un peu moins d’un siècle, est que l’impératif féminin a tenté de fonder la valeur sexuelle des femmes sur une importance collective au détriment de la valeur sexuelle de la femme prise individuellement. Pour les hommes, c’est l’inverse ; l’évaluation de la valeur sur le marché sexuel des hommes est principalement individualisée, tandis que les hommes, en tant que groupe, que collectif, sont dévalués dans leur ensemble sur le marché sexuel. 

Ce que je veux dire par là, c’est qu’en tant qu’entité collective, la sexualité des femmes ne peut pas se permettre d’être perçue comme autre chose que le prix le plus valorisé. Si tous les vagins sont considérés comme l’étalon-or, alors la valeur sexuelle par défaut des hommes sera toujours plus faible. Par cette définition, les hommes, dans l’ensemble, sont hors de la ligue des femmes.

Pour plus de réflexions, supposons que les hommes moyens, la plupart étant à des degrés variables des hommes betas, se sentent « bénis » avec le « cadeau miraculeux » que représentent les attentions sexuelles d’une femme moyenne. La dynamique de puissance est déjà préétablie en faveur des femmes, il n’est donc pas étonnant que les hommes soient enclins à cristalliser, même avec une femme objectivement moyenne. C’est l’intention du piège que constitue l’idée de « ligue » – prédisposer les hommes à s’engager avec des femmes qui, objectivement, ne pouvaient pas jouir de la même sélectivité. Roissy a postulé que pour qu’une relation saine existe, l’homme doit être reconnu par la femme comme étant de 1 à 2 points au-dessus de sa propre valeur sur le marché sexuel. Il s’agit d’un ordre assez élevé compte tenu du fait que l’impératif féminin met l’accent sur la sexualité des femmes comme étant la sexualité normale. Et encore, il faut ajouter à tout cela l’énorme inflation de l’Ego des femmes en raison de la montée de l’utilisation des réseaux sociaux. 

Jouer avec la ligue. 

Tout ce qui précède ne veut pas dire qu’il n’y a pas un noyau de vérité dans la notion de ligues ; ce n’est tout simplement pas la « vérité » que les hommes ont été amenés à croire. Car autant l’impératif féminin souhaite que les hommes souscrivent à des ligues, mais l’impératif cherche également à exempter les femmes de la même hiérarchie de ligue en évaluant les femmes dans leur ensemble. Inutile de dire que les hommes ont leurs propres systèmes de notation – le plus populaire étant la cotation physique de 1 à 10. Je dois ajouter que n’importe quel système de notation que les hommes établiraient pour les femmes, dans la réalité féminine, devra nécessairement être ridiculisé, moqué et diabolisé, mais vous le saviez déjà.

La confiance en soi irrationnelle est un bon début pour contourner et désapprendre le concept de ligues ; désapprendre ce conditionnement étant l’objectif primordial. L’homme conscient du jeu peut effectivement utiliser le concept de ligues à son avantage avec assez de ruse. Lorsque vous approchez une femme sans égard envers la mentalité de ligue, vous envoyez le message qu’il y a quelque chose en vous qu’une réalité féminine ne peut contrôler. C’est exactement ce mépris de l’influence de l’impératif féminin qui rend l’Alpha attrayant ; il n’est pas au courant, ou indifférent aux règles que son conditionnement aurait dû lui apprendre plus tôt. Dans la tentative de drague d’une femme évidemment « hors de votre ligue » vous retournez le script féminin en plantant une graine de doute (et en incitant l’imagination) au sujet de votre valeur perçue. Le doute est un outil très puissant, en fait le concept même de ligues est fondé sur le doute des hommes. Tournez cet outil à votre avantage en ignorant la convention sociale des ligues, qui vous est imposé par les femmes.


Source : « A League of Your Own » publié par Rollo Tomassi le 5 janvier 2012.

Illustration : Tom and Sini.