Monsieur Parfait.

Un de nos lecteurs, « Edger », avait une question intéressante : 

« Rollo, je ne comprends pas. Pourquoi une femme resterait avec un gars qu’elle sait être un idiot ? Je trouve intéressant de voir comment des femmes peuvent rester avec un petit-ami / un mari alors même qu’elles savent que ce sont des hommes beta. Ouais, il y aura toujours des mecs pour dire que les femmes resteront toujours avec ce genre d’homme pour leur argent, ou pour la sécurité financière, mais allez, nous savons tous que les femmes ne donnent généralement leur intimité qu’aux hommes qui ont du « jeu » – peu importe la somme d’argent qu’ils gagnent.  Nous savons qu’on n’a pas besoin de faire beaucoup d’argent pour baiser ou pour développer une relation avec une femme. J’ai vu beaucoup de mecs qui font de la merde, et qui développent pourtant des relations à long terme avec des femmes sexy. Mais pour être plus précis, comment ces hommes betas font pour obtenir ces femmes en premier lieu, si justement, ils sont des hommes betas ? C’est là que ça devient déroutant ».

Pourquoi une femme resterait-elle avec un homme beta ? Il y a beaucoup de raisons en fait, mais il y a quelques points communs.

Tout d’abord, il y a le gars qui était une fois le vrai connard, qui avait été assez attrayant, ou qui a joué le rôle assez bien, et qui se met en couple avec une femme qui a réussi à le « changer ». Et dans un effort pour mieux s’identifier à être ce qu’elle l’a convaincu à devenir (et ce dont elle s’est convaincue elle-même), il redevient un homme beta dans la relation. Elle ne peut pas se plaindre, parce que l’homme a changé et s’est transformé en l’homme qu’elle était censée vouloir, mais il est devenu le type de l’homme envers qui elle n’aurait jamais été attirée si elle l’avait rencontré pendant qu’il était célibataire. Alors elle reste avec lui jusqu’au moment où elle rencontrera un autre « bad-boy » qu’elle réussira à transformer à son tour

Deuxièmement, n’oublions pas que certains des hommes les plus riches et physiquement attrayants se trouvent également être les plus grands hommes betas que vous rencontrerez jamais. Je me rends compte que cela semble étrange, mais l’homme riche et l’homme attrayant ont peu de raisons pour les inciter à repenser leurs propres comportements. Parce qu’ils sont plus facilement récompensés par l’intimité féminine, il y a moins de raisons de remettre en question le cadre des relations hommes-femmes et / ou leurs propres prédispositions et les conditionnements qui en feraient des hommes betas.

Une fois, j’ai travaillé avec ce gars nommé Jake qui était un modèle de beauté masculine. Il n’avait aucun problème avec attirer les femmes, et la plupart s’approchaient simplement de lui, mais Jake était probablement le plus grand homme beta que j’avais jamais rencontré. Il avait l’habitude de se plaindre constamment qu’il ne pouvait pas obtenir une petite amie ou qu’il ne pouvait garder une fille intéressée, même s’il tapait des belles femmes tous les week-end. Une fois qu’il a ouvert sa bouche et raconté toute son histoire de vie sur la table du restaurant dès le premier rendez-vous, la fille cherchait littéralement à s’évader. Il cristallisait littéralement pour chaque fille avec qui il avait un rendez-vous et il avait avalé toute la mythologie de l’âme sœur. Il a essayé d’être amis, a essayé d’être sensible, a essayé d’être drôle, a essayé d’être sauveur et toutes les autres techniques d’homme beta, mais tout ce qu’il réussissait à faire était de pousser ces femmes loin de lui. Elles aimaient être baisées par ce gars, mais quand il commençait les mièvreries, la mentalité câline, elles sont passés à d’autres gars.

En d’autres termes, les hommes betas ne sont pas tous des abrutis ou des geeks, et être beau ne vous isole pas de l’intériorisation stupide du romantisme féminisé. Les « hommes biens » peuvent finir « dernier », mais cela ne veut pas dire qu’ils ne finissent pas du tout, et certains parviennent à baiser de temps en temps. 

Monsieur Parfait.

Le problème avec des gars comme Jake, c’est qu’ils s’efforcent de s’adapter à une idéalisation centrée sur le féminin. Ils veulent être parfaits pour chaque femme.

Voyons un extrait de « Mr. Right Does Not Exist » : 

Trois femmes sur quatre croient qu’il n’y a pas d’homme parfait, la plupart d’entre elles voient leur partenaire comme parfait à seulement 69 %.

Le sondage mené auprès de 2 000 femmes a montré que plus de 75 % d’entre elles croyaient que l’homme parfait n’existait pas. Il semble que les femmes soient en réalité tout à fait réalistes sur ce qu’elles recherchent chez leur partenaire.

« Bien qu’elles puissent heureusement négliger quelques défauts communs chez leurs hommes, il y a certains comportements qui ne peuvent pas être tolérés ». Les résultats ont montré qu’une femme sur cinq pense que son partenaire fait semblant de les écouter tout en laissant des vêtements sur le sol de la chambre, et le ronflement faisait partie aussi des reproches. On s’attendrait à ce que l’homme parfait fasse un effort avec les amis de sa partenaire, évite d’utiliser sa brosse à dents, reste rasé et ne soit pas paresseux.

N’hésitez pas à lire le reste si vous pouvez y arriver. Je me rends compte que ce texte est peu dense intellectuellement, mais il sert à établir une idée…

Ce qui est parfait est ennuyeux. 

Relisez ça encore, le parfait est ennuyeux. Cela semble contre-intuitif, mais c’est votre imperfection qui vous rend attrayant. Il y a une confiance implicite et ambiante qui rayonne d’un homme qui sait ce que serait l’idéal de perfection d’une femme et qui refuserai pourtant de l’incarner pour elle. Le message sous-jacent d’un tel homme à une telle femme, c’est : « je sais que tu déteste quand le siège des toilettes n’est pas laissé en place, mais je suis assez confiant dans l’attirance que tu as pour moi, et du succès que j’ai auprès des autres femmes, pour ignorer tes bêtises plutôt que de m’y conformer religieusement ». C’est l’homme qui s’engage dans cette sorte de « proxénétisme », en essayant d’incarner l’idéal d’une femme, qui envoie le message suivant : « je n’ai pas d’autres options que toi ». C’est essentiellement un méta test raté. Un homme qui se conforme à l’idéal d’une femme est en train de dire à cette femme qu’il sera un participant volontaire dans sa propre manipulation.

Comme je l’ai écrit dans des articles précédents, les femmes n’apprécieront jamais les efforts d’un homme pour faciliter leur réalité. Une réalité centrée sur le féminin signifie que toute tentative supplémentaire que l’homme fera pour apaiser sa femme sera ensuite considéré par elle comme une norme. On s’attends à ce que l’homme sacrifie tout pour sa femme, parce que c’est exactement ce que les hommes sont censés faire. Pourtant, c’est l’homme qui refuse, consciemment ou non, de se conformer aux attentes d’une femme, qui retient le plus l’attention des femmes. S’il y a un trait alpha catégorique, c’est bien ce je-m’en-foutisme face aux désirs féminins. 

Monsieur parfait n’obtient pas de points supplémentaires pour être parfait parce que les aspects de cette « perfection » constituent la norme attendue. C’est ennuyeux parce que c’est banal. Le problème d’une norme féminisée, c’est qu’elle fait des similitudes féminines entre les sexes l’état idéal à atteindre. Cela ignore, volontairement ou non, que la biologie fait en sorte que ce sont les différences entre les sexes qui sont attrayants pour l’autre sexe. Plus nous devenons ainsi – les hommes deviennent féminins, les femmes deviennent masculines – plus nous perdons cette attirance innée. Cela vaut pour les aspects que nous aimons et que nous détestons chez l’autre sexe.

En défiant cette attraction innée, et en faisant des tentatives pour mieux s’adapter à la sensibilité féminine, nous ramons contre ce qui est vraiment la caractéristique de chaque sexe. Dans le monde naturel, les hommes sont, seront et resterons des hommes, et malgré les protestations, les femmes n’en veulent vraiment pas autre chose que des hommes.


Source : « Mr. Perfect » publié par Rollo Tomassi le 19 décembre 2011.