La « phéromone » de l’homme beta.

« You choke the chicken before any big date, don’t you ? ». 

Quiconque a vu « Something About Mary» est assez familier avec l’incident « Hair Gel».

Dom : « You choke the chicken before any big date, don’t you? Tell me you spank the monkey before any big date. Oh my God, he doesn’t flog the dolphin before a big date. Are you crazy? That’s like going out there with a loaded gun! Of course that’s why you’re nervous. Oh my dear friend, please sit, please. Look, um, after you’ve had sex with a girl, and you’re lying in bed with her, are you nervous? No, you’re not, why ?».

Ted : « Cause I’m tired…».

Dom : « Wrong! It’s ’cause you ain’t got the baby batter on the brain anymore! Jesus, that stuff will fuck you’re head up! Look, the most honest moment in a man’s life are the few minutes after he’s blown his load – now that is a medical fact. And the reason for it is that you’re no longer trying to get laid, you’re actually… you’re thinking like a girl, and girls love that».


Même si vous n’avez jamais vu le film, il est probable que vous connaissiez, ne serait-ce que vaguement, ce principe de séduction de l’homme beta que Dom explique ici. Arrivez-vous à repérer l’incohérence ? 

« … you’re thinking like a girl, and girls love that ». Non, elles n’aiment pas ça. Désolé Dom, les femmes veulent « une arme chargée ». 

La désexualisation comme outil de séduction est l’une des principales erreurs que commettent les hommes beta. C’est l’effet « Something About Mary » : la présomption que votre impulsion biologique à désirer le sexe est une entrave qui vous empêche d’obtenir des rapports sexuels. D’un point de vue rationnel, c’est ridicule, mais les hommes beta croient à cette idée parce qu’elle s’harmonise bien avec leur conditionnement sexuel malavisé, qui suppose que « le semblable attire le semblable » – s’identifier avec le féminin pour paraître plus attrayant aux yeux du féminin. Regarder ce film, c’est faire un effort pour déconstruire tous les principes du jeu de séduction de l’homme beta depuis les 40 dernières années. 

Je m’excuse, je n’ai pas les sources pour appuyer cela, mais je me souviens avoir lu des études de cas à l’université sur l’effet biochimique de l’interaction sexuelle humaine. Je crois que ces études de cas ont été réalisés par le docteur Martie Hasselton, ces cas étudiaient l’endorphine et les profils hormonaux présents dans la circulation sanguine des adultes en bonne santé pendant différentes phases d’attraction, d’excitation, de préliminaires et d’interaction post-sexe, dans le cadre du couple. Le plus dramatique, c’était les similitudes dans les propriétés chimiques de la dopamine et de l’héroïne chez les personnes éprouvant de « l’amour » ou de « l’engouement », selon les cas. 

Ce qu’il y avait d’encore plus fascinant, c’était les effets que les hormones jouent sur certaines parties du cerveau des hommes lorsque ceux-ci évaluaient les indices sexuels chez un partenaire sexuel potentiel. Des niveaux sains de testostérone causent chez les hommes une disposition à percevoir les femmes littéralement comme des objets sexuels ; stimulant les mêmes parties de notre cerveau utilisées pour la résolution de problèmes cognitifs. Cependant, la testostérone est atténuée par l’ocytocine, l’hormone sécrétée juste après l’orgasme. Alors que la testostérone est responsable de la libido et des impulsions agressives (sans parler du développement musculaire, de l’approfondissement de la voix et de la croissance des cheveux), l’ocytocine est liée à des sentiments de protection, de confiance et de confort. On croit que l’ocytocine est une influence primaire dans la relation post-sexe, et après la grossesse, et sur l’attachement émotionnel, chez les femmes, qui produisent l’hormone en quantités beaucoup plus élevées que les hommes. La dépression post-partum est en fait un symptôme de sevrage déclenché par la diminution de l’ocytocine (et de la progestérone) chez les femmes qui viennent d’accoucher. L’effet de l’ocytocine post-orgasme chez les hommes est similaire à l’effet ressenti par les femmes, mais chez les hommes, il est également sert d’agent tampon à la dopamine accrue et aux niveaux de testostérone.

L’ocytocine joue un rôle essentiel dans la régulation des niveaux de testostérone d’un homme. Juste après l’orgasme, le corps humain envoie de l’ocytocine dans la circulation sanguine pour équilibrer l’endorphine et la dopamine élevé qui résultent de l’excitation sexuelle. Bien que cette hormone favorise des sentiments de confiance et de confort chez les hommes, il sert également à « calmer l’homme vers le bas » sexuellement. L’ocytocine est un tampon pour la testostérone chez l’homme, c’est pourquoi vous vous sentez ainsi après l’éjaculation. D’un point de vue évolutif, c’est purement logique, en ce que cela assure que le sperme déposé reste dans le vagin d’une femme, augmentant ainsi les chances de fertilité, au lieu d’être enlevé par un pénis encore en érection. Il y a non seulement cela, mais l’ocytocine sert aussi d’hormone de « liaison » en ce qu’elle favorise des sentiments de confiance et de protection chez les hommes. La décharge d’ocytocine chez l’homme est également déclenchée par des invites phéromonales et environnementales.

En plus de tout cela, il y a le rôle que les phéromones jouent en ce qui concerne l’attraction sexuelle et l’excitation. Vous pouvez rechercher sur Google, mais il y a plusieurs études phéromonales qui indiquent que les hommes avec des parfums différents de ceux des femmes ont tendance à attirer des parfums opposés chez les femmes. D’un point de vue évolutif, la conclusion que l’on peut en tirer c’est que les personnes d’un génotype similaire seront moins excitées sexuellement par les personnes de leur propre génotype, assurant ainsi la biodiversité humaine (le « plan de préservation » de la nature contre la consanguinité). Cependant, dans les mêmes études de « t-shirt en sueur », la transpiration des hommes avec des niveaux élevés de testostérone a été considéré comme plus excitant sexuellement par les femmes, par comparaison avec la transpiration des hommes qui avaient un niveau moins élevé de testostérone. Vous pouvez attribuer n’importe quelle légitimité à des études comme celle-ci, mais les preuves indiquent que des niveaux plus élevés de testostérone jouent un rôle influent dans l’attraction sexuelle. Gardez également à l’esprit que les phéromones influencent également les femmes vivant à proximité les unes des autres pour synchroniser leurs cycles menstruels – un autre mécanisme évolutif censé assurer la fertilité et le soutien communautaire pour les animaux sociaux que nous sommes.

La « phéromone » de l’homme beta.

D’un point de vue biomécanique, l’indication est que les hommes qui se masturbent constamment diffusent essentiellement leur statut d’homme beta – et la mécanique biochimique des femmes enregistre inconsciemment cette information. Les mâles avec des niveaux plus élevés de testostérone manifestent leur viabilité sexuelle dans l’affirmation sexuelle et l’odeur. Si vous êtes chroniquement épuisé en testostérone, et / ou soumis aux effets calmants de l’ocytocine, votre viabilité sexuelle est désavantagée. En fait, d’un point de vue évolutif, les mâles beta du début de notre histoire de chasseurs-cueilleurs sauvages seraient plus enclins à la masturbation comme outil de « libération sexuelle » puisque, théoriquement, ils auraient eu moins accès aux possibilités de reproduction par rapport aux mâles Alpha. Il s’ensuivrait alors que ce type d’indices comportementaux et chimiques définitifs et subconscients serviraient à aider les femmes à choisir le meilleur partenaire pour l’investissement parental.

Donc, pour autant que des hommes betas voudraient vous faire croire que vous masturber avant un rendez-vous vous permettra d’améliorer vos chances de baiser la jeune fille, il y a en réalité de fortes chances pour que vous soyez en réalité en train de vous tirer une balle dans le pied. Cette croyance stupide est enracinée dans le mythe « Something About Mary », à savoir que les femmes ne veulent pas d’un homme trop sexualisé, mais la vérité biologique est loin de cette affirmation. Le mythe consiste à dire que les femmes ont besoin d’être à l’aise avec un gars afin de coucher avec lui, de sorte que les hommes vont activement se désexualiser afin de se conformer à ce principe. Cependant, toutes les études indiquent un besoin d’anxiété sexuelle et de tension dans l’excitation pour inciter à avoir des rapports sexuels.

Le confort et la confiance sont des conditions « post-orgasme » ; l’anxiété, l’excitation et l’urgence sexuelle sont des conditions « pré-orgasme » – et les deux ont leurs propres signatures hormonales uniques.

Avertissement.

Et maintenant, concernant l’avertissement : je ne suis pas endocrinologue, biochimiste ou médecin. J’admets que tout cela n’est qu’une conjecture, mais c’est une conjecture plausible. J’ajoute que je ne parle pas de phéromones « moins souhaitables », mais de l’incidence plus faibles de certaines phéromones après l’excitation sexuelle. Il va de soi que les femmes seraient plus attirées par les hommes motivés à être sexuels avec elles, ce qui se manifestera dans la chimie et le comportement, et que les femmes seront moins attirées par des hommes sexuellement démotivés manifestant des signes de désintérêt. 

J’avais l’habitude de penser que le principal problème avec la masturbation était le double standard féminin – pour les femmes, se masturber est sexy, excitant et, de nos jours, socialement encouragé. Pour les hommes, la masturbation est une perversion. Il implique une incapacité à être « suffisamment homme » pour baiser une vraie femme ; se masturber est un échec pour un homme, mais une victoire pour une femme. Pourquoi ces aprioris sociaux existent ? Et quelle sont leurs fonctions latentes ?

Je vois encore le double standard dans tout cela, et bien que je pense ce double standard existe et est valide, il ne fait que s’arrêter à la surface de l’auto-plaisir du point de vue des conventions sociales. Sigmund Freud a dit un jour : « Toute énergie est sexuelle », ce qui signifie que de façon subliminale, nous réorienterons notre motivation pour l’impulsion sexuelle non assouvie vers d’autres efforts. Ainsi, ce sont les hommes, étant le sexe avec la plus grande quantité de libido (dû à la testostérone) qui doivent chercher beaucoup plus de débouchés pour transférer cette motivation, plutôt que les femmes. Alors, est-ce surprenant de constater que ce sont historiquement les hommes qui ont été avant tout des bâtisseurs d’Empires, des conquérants, des créateurs et des destructeurs qui ont (pour le meilleur ou pour le pire) fait avancer l’humanité ? 

La masturbation désamorce cette impulsion. Il tue ce moteur, ou du moins le sublime. Alors n’apparait-il pas évident qu’une convention sociale qui se moque des hommes qui se masturbent sert les intérêts d’une société tournée vers l’expansion ? Ainsi, le « meme » culturel se moque des hommes qui se masturbent, lesquels sont décrits comme des loosers, et les hommes qui ne se masturbent pas prouvent ainsi leur viabilité sexuelle (parce que s’ils ne se masturbent pas c’est qu’ils doivent coucher avec des femmes semi-régulièrement) et prouvent qu’ils sont motivés pour rediriger leurs pulsions vers l’amélioration de la société ou d’eux-mêmes. 


Source : « The Pheromonal Beta » publié par Rollo Tomassi le 17 novembre 2011.  

Illustration : Chokniti Khongchum.