Rejet & vengeance.

« There’s not a lot of money in revenge » – Inigo Montoya.

Directement ou indirectement, je parle beaucoup de rejet ici. Habituellement, cela est dû à la peur du rejet, qui est la cause profonde de beaucoup de schémas mentaux, de comportements, de justifications, de la part des hommes. Mon article concernant les stratégies d’évitements décrit beaucoup de ces justifications ou des conventions utilisées pour amortir l’effet d’un rejet, mais c’est surtout le rejet lui-même, et la façon dont on l’accepte, qui en fait une chose saine ou malsaine selon les cas. 

Récemment, je me suis intéressé au principe même du rejet et je pense que la phrase (maintenant proverbiale) de « Pook » est très juste : le rejet est mieux que le regret. Cependant, avec toute la sagesse qu’il y a dans cette vérité simple, il faut savoir l’appliquer, apprendre des rejets et accepter le rejet, c’est la difficulté que les hommes rencontrent trop souvent. 

J’utilise le terme d’homme exclusivement ici dans ce contexte parce que, en tant qu’homme, vous éprouverez et vivrez le rejet beaucoup plus que n’importe quelle femme. Si cela ressemble à une déclaration audacieuse permettez-moi de clarifier cela : vous devriez éprouver le rejet plus que n’importe quelle femme. Dans le sport, dans la carrière, dans l’éducation, dans les relations personnelles, et avec le sexe opposé, vous aurez statistiquement plus de rejet qu’une femme. Cette compréhension n’a pas pour but d’agiter la bannière du pouvoir masculin, ou de faire des hommes les champions de la vertu. Il ne s’agit pas non plus de présumer que les femmes ne subissent pas elles-mêmes de rejet; c’est une simple observation du fait que le rejet est un aspect intégral de la vie d’un homme. Habituez-vous.

Donc, le rejet est préférable au regret, nous l’avons compris. Ce que nous n’avons pas, c’est comment accepter le rejet et lui faire face. Je ne vais pas écrire ici et prétendre que je l’ai compris, mais je peux vous dire comment les hommes, les garçons, les betas, les chevaliers blancs, et même les grands séducteurs refusent d’accepter et / ou font face à ce rejet. Allez regarder l’article consacré aux stratégies d’évitement, ces stratégies sont la façon dont les hommes évitent le rejet, mais l’article ne s’interroge pas sur la façon dont les hommes traitent le rejet une fois qu’ils l’éprouvent. Mais tout comme les hommes (et les femmes) utilisent des justifications et des conventions pour prévenir ou émousser un rejet potentiel, ils ont également développé des stratégies d’adaptation, des justifications et des techniques qui leur offrent le moins d’inconfort possible quand ils ont été rejetés – ou dans le cas des femmes, quand elles livrent ce rejet. 

Rappelez-vous : le rejet ne se limite pas aux échanges entre les sexes. En fait, c’est presque un aspect plus intéressant : votre réaction lorsque vous êtes rejeté pour un emploi potentiel sera beaucoup plus mesurée que si vous avez été rejeté pour l’intimité avec une femme. L’une des raisons pour lesquelles nous nous préparons à fond contre le rejet est la peur d’avoir à en faire l’expérience, mais souvent la peur du rejet est plus débilitante que l’expérience réelle.

Vengeance.

Je mentionne cela en particulier parce que c’est facilement le plus commun, et c’est aussi potentiellement la réaction la plus dommageable que les hommes par rapport au rejet. Cela peut aller de la petite réaction mesquine ou ennuyeuse jusqu’à atteindre carrément le meurtre réel de la femme qui rejette. C’est la pensée « Comment puis-je me venger d’elle ? » qui vient à l’esprit, et bien que cela puisse sembler satisfaisant de « lui donner une leçon », ladite leçon ne sera jamais enseignée par la vengeance, peu importe à quel point cette vengeance serait justifiée ou méritée. 

L’indifférence en dit long. La considération même de la vengeance est une perte de votre temps, une perte de votre effort, qui serait mieux passé à apprendre et à vous améliorer à partir de ce rejet. Je peux raconter personnellement l’histoire d’un jeune homme qui vient de sortir de prison. Il a tué le petit ami avec qui son « âme sœur » l’avait remplacé quand il avait 16 ans, en le poignardant 32 fois. C’était sa vengeance. S’il avait eu 2 ans de plus, il aurait été mis à mort ou condamné à perpétuité. Vous n’êtes peut-être pas si extrême dans la poursuite d’une vengeance, mais les conséquences sont similaires. Tant que vous considérez la vengeance, aussi mesquine soit-elle, vous serez toujours attaché aux émotions de ce rejet. Acceptez le rejet, allez de l’avant, le rejet est mieux que le regret – littéralement, dans ce cas. 

Les hommes ne sont pas préparés, ne sont pas élevés pour être des hommes. Nous cherchons à nous en convaincre chaque jour au point d’en faire une question de fierté personnelle avant de nous obliger à instruire nos semblables qui n’ont pas encore eu la chance de réaliser cela. Faire face au rejet est le pivot de tout cela. Quand je lis des messages d’hommes que je considérerais autrement éclairés, contempler la meilleure façon d’adopter leur « vengeance » sur une femme qui a refusé une approche, ou en représailles à l’infidélité d’une femme, je me demande si ces hommes sont aussi éclairés que je le pensais. Face au rejet, vous n’avez pas d’autre choix que de l’accepter. La façon dont vous allez le faire est une question de caractère. Il est important de cultiver une approche à la « troisième personne » pour accepter le rejet. Pour beaucoup de gens, en particulier ceux qui ne sont pas habitués ou nouveaux au rejet personnel, c’est un ordre difficile. Nous nous investissons émotionnellement et cela n’est jamais propice pour prendre de bonnes décisions, en particulier pour les hommes qui feraient mieux de compter sur la rationalité et le pragmatisme. Nous sommes particulièrement sensibles lorsque nous sommes adolescents et jeunes adultes.

Cela fait partie de la condition humaine de désirer ce que nous pensons être la justice. C’est notre nature de faire des comparaisons, et dans le cas des inégalités, de les faire corriger. Et bien que nous considérions rarement les conséquences ultimes de nos actions, ce n’est pas la raison pour laquelle nous devrions tempérer un désir de vengeance. La chose que nous devrions considérer, c’est la somme des efforts globaux et des ressources nécessaires consacrés à la vengeance, par rapport à la somme des choses que nous pourrions réaliser pour notre propre amélioration en les redirigeant vers nos propres fins. Même les efforts nécessaires pour une légère vengeance sont mieux dépensés avec nos propres préoccupations. 

Cela peut sembler comme une façon baroque de dire « bien vivre est la meilleure vengeance », et dans une certaine mesure, je pense que c’est vrai, mais méfiez-vous de la vie « bien vécue » lorsqu’elle est passée à la poursuite de la vengeance. La vengeance ne devrait jamais être la motivation du succès. Même le temps et l’effort mental nécessaires pour envisager une façon appropriée de lui faire prendre conscience de la façon dont elle manque quelque chose si elle n’est pas à vos côtés, sont des ressources mieux dépensées pour rencontrer de nouvelles femmes potentielles qui auront un intérêt sincère pour vous. La racine de la confiance est le développement et la reconnaissance d’autant d’options personnelles que possible. Tout effort que vous dépenseriez sur la vengeance est une occasion gâchée de vous améliorer. L’indifférence envers les détracteurs et le succès personnel sont une bien meilleure vengeance que n’importe quelle blessure latérale que vous pourriez leur infliger en retour.

Loi n° 36 : Méprisez les contrariétés.

En vous laissant obséder par un problème insignifiant, vous lui donnez de l’importance. Prêter attention à un ennemi le renforce. À vouloir réparer une erreur minuscule, on risque de l’aggraver. Si ce que vous désirez est hors de votre portée, traitez-le par le mépris. Moins vous vous montrerez intéressé, plus vous paraîtrez supérieur.

Trois histoires. 

Une de mes façons préférées d’aider les jeunes hommes à comprendre à quel point leurs préoccupations immédiates sont sans importance concernant un rejet est de mettre les choses dans une perspective plus large. Lorsque vous êtes dans le moment et que vous ne voyez que l’arbre qui cache la forêt, les rejets semblent écrasants. Lorsque vous regardez les choses en vous demandant les effets que ces choses ont eues sur votre vie au cours du temps, vous vous rendez qu’un rejet n’a pas été une horrible destruction de votre âme, mais plutôt un moment dans lequel vous avez esquivé une balle, ce qui a modifié votre progression de vie en vous permettant de devenir une meilleure personne. 

Quand j’avais 15 ou 16 ans, j’étais dans un amour total (la luxure adolescente) envers cette fille nommée Sarah. J’avais tout fait conformément au manuel du parfait homme Beta pour obtenir cette fille, je suis resté son ami parce qu’elle me l’avait demandé, je lui ai écrit, je l’ai appelée tout le temps, j’ai eu droit à la phrase classique « je ne suis pas prête pour une relation maintenant », et elle m’a dit ça juste avant de coucher avec l’un de mes meilleurs amis. Il était un véritable Alpha et elle ne se lassait pas de lui, même après qu’il en soit débarrassé, et bien sûr je la soutenais dans tout le processus. Maintenant, un flashback vers mes 22 ans. J’avais mis ma vie en ordre, j’allais à la salle de sport religieusement, je jouais dans un groupe très populaire dans la région, et je marchais à travers les salles extérieures de la fac, quand j’ai entendu une voix de fille dire « Rollo, hey ! », j’ai regardé autour de moi en me demandant qui m’appelait. Puis j’ai entendu : « Hé, c’est moi ! Sarah ! ». Je regarde vers le bas, et assise sur le banc, il y avait un monstre obèse qui avait le visage (à peine reconnaissable) de la fille qui m’avait obsédé environ 6 ans plus tôt. J’étais terrassé. Apparemment, elle était passée en cure de désintoxication pour de la cocaïne et a « gonflé » après parce qu’elle a remplacé la drogue avec de la nourriture. Pour la première fois de ma vie, j’étais sans voix.

Ma deuxième histoire concerne cette fille, Bridgette, pour qui j’ai aussi eu un coup de cœur Majeur à l’école secondaire, et je n’avais même pas la confiance pour vraiment l’approcher – je me suis rejeté moi-même. Encore une fois, flash forward jusqu’à mes 22 ans et je drague cette fille dans un club (elle était encore assez belle), seulement je ne pouvais pas l’empêcher de m’approcher. Je l’ai transformée en un fantastique plan cul. Cette fille frappait littéralement à ma fenêtre et grimpait à travers elle pour me baiser le matin avant mon départ en classe. Cependant, nous en sommes arrivé à un point dans lequel c’est moi qui ai dû la quitter, parce qu’elle ne prenait pas la pilule tout en m’assurant du contraire, et à l’époque, je tournai autour de 4 ou 5 filles différentes et je pensais qu’elles étaient des meilleures assiettes à faire tourner (même si je ne savais pas ce qu’était la théorie des assiettes à l’époque). Ce que je n’avais pas pu obtenir à l’école secondaire, j’avais fini par l’obtenir 5 ans plus tard. 

Enfin, j’ai eu ma première « vraie » petite amie. C’était la fille avec qui j’ai couché pour la première fois à 17 ans et j’ai fini par déménager dans la ville universitaire où elle entrait pour que je puisse continuer à la baiser. J’ai stupidement altéré le cours de ma vie pendant 2 ans pour m’adapter à ses décisions de vie, seulement pour constater qu’elle me trompait et qu’elle allait me quitter juste après mon déménagement. Elle était ma « première » donc j’ai naturellement supposé qu’elle était mon âme sœur et je me disais que plus je la soutenais plus elle m’apprécierait (c’est-à-dire plus elle me baisera), alors je l’ai pris assez durement. J’ai cherché à savoir ce qu’elle devenait une ou deux fois après tout cela, mais elle a quitté mon monde il y a plus de 20 ans. Voilà que je reçois un mail d’elle, je suppose qu’elle m’avait cherché. J’ai regardé des photos d’elle sur un site (pas Facebook), et je ne peux pas dire que le temps a été doux à son égard. A 37 ans, elle a l’air d’en avoir environ 55, elle gagne environ 32 000 dollars / an pour apprendre aux enfants à lire (avec ce diplôme formidable qu’elle a obtenu dans la fac auprès de laquelle j’avais déménagé pour « l’aider »), elle est « mariée » à une autre femme (ou « mariage ouvert » pour ainsi dire). C’était un peu étrange d’avoir de la peine à reconnaître la femme de 17 ans dans ce qui est maintenant cette femme de 37 ans. 

Dans toutes ces situations, mais surtout la dernière (après 20 ans), il est difficile de ne pas être satisfait de soi, de penser que le Karma est parfois dur, mais je me demande combien de femmes qui m’ont rejeté s’en sont très bien sorti dans la vie. J’aimerais aussi penser que les hommes ont tendance à faire mieux avec l’âge, mais je sais que ce n’est pas toujours le cas. Bien que je suis conscient que « bien vivre est la meilleure vengeance », je pense que bien vivre en fonction d’une vengeance est une idée erronée. Vous ne vivrez bien que si vous mettez l’accent sur votre propre amélioration indépendamment d’une quelconque vengeance. 


Source : « Rejection & Revenge » publié par Rollo Tomassi le 15 novembre 2011.

Illustration : Skully MBa.