Perfectionner la fantaisie.

Voici un secret : le contentement n’existe pas. 

Etre content implique que la vie est statique ; ce n’est pas le cas, et pour être honnête, la vie serait ennuyeuse de toute façon, non ? La vie se compose de différents états de mécontentement : sinon pourquoi voudriez-vous prendre la peine de faire quelque chose ? Mais la bonne nouvelle est qu’il est plus amusant et plus bénéfique de gérer le mécontentement que d’endurer le contentement (que vous ne pouvez pas avoir de toute façon car il est transitoire au mieux). L’astuce est de comprendre qu’il y a deux sortes de mécontentement – le créatif et le destructeur. Ce que vous choisissez de faire avec ce mécontentement fait toute la différence dans le monde. Vous n’obtiendrez ce que vous avez déjà obtenu si vous continuez à faire ce que vous avez déjà fait. Ne vous permettez pas de retomber dans de vieilles habitudes destructrices lorsque vous faites face au mécontentement. Ne vous embêtez pas avec les antidépresseurs et les livres de développement personnel quand une bonne séance d’entraînement à la salle de gym vous servirait mieux.

La vérité est que je suis toujours mécontent, mais de manière constructive. Dès que vous pouvez vous regarder dans le miroir et être heureux avec ce que vous voyez, vous avez perdu. Vous pouvez toujours vous améliorer, même après avoir réalisé des choses qui étaient très importantes et difficile à atteindre. Le bonheur est un état d’être, il est dans le « faire» et non dans le « avoir fait». Il ne s’agit pas de courir sans cesse, il s’agit d’être meilleur que ce que vous étiez la veille.

Création de la fantaisie.

Il y aura toujours un élément de fantaisie et d’idéalisme qui ne pourra jamais être réalisé, mais toujours recherché. Les femmes (et finalement n’importe quel sexe) seront toujours plus heureuses dans ce mécontentement, parce qu’il rend le moment où il est satisfait d’autant plus doux. L’idée de Romance se trouve être la nourriture de choix des femmes. En fait, c’est très similaire au shopping ; ce n’est pas l’achat qui les fait monter, c’est l’acte de faire du shopping, c’est prolonger cet achat pour mieux savourer l’expérience. C’est des préliminaires. Prévenir le point culminant pour augmenter l’expérience.

Quand j’avais 26 ans, j’avais un partenaire d’entraînement nommé Dean. Il était absolument éblouissant, incroyablement bien bâti, et les femmes affluaient vers lui régulièrement. C’était le genre de type que vous pouviez voir en photo sur les réseaux sociaux aux bras d’une fille magnifique, de type 9,5/10. Il était également strip-teaseur masculin, dans l’un des clubs de strip-tease qui proposait une nuit « masculine » une fois par mois. Ce type y faisait beaucoup d’argent et a toujours été le favori de la foule. Je sortais avec une strip-teaseuse nommée Angie à l’époque, donc j’étais assez familier avec les propriétaires du club. J’ai remarqué une chose sur les strip-teaseurs masculins qui avaient le plus de succès, c’est qu’ils racontaient toujours une histoire aux femmes dans le cadre de leurs actes. Dean avait l’habitude de faire un sketch de pompier, ce qui conduisait les femmes (jeunes et moins jeunes) jusqu’à l’extase. Un autre gars jouait le cadre exécutif chaud dans un costume Armani, et il donnait des fleurs aux femmes – c’était « chic », mais la construction du personnage diminuait quand il était en string. Les mecs sans histoires, sans personnages, ne faisaient pas autant de pourboires. Un simple strip-tease sans histoire, c’était quelque chose de moins excitant pour les femmes, comparé à ce que Dean et quelques autres réussissaient à vendre. Les femmes réagissent différemment des hommes. Pour un gars, une strip-teaseuse chaude sans rien d’autre qu’un string, dansant sur ses genoux, c’est quelque chose de suffisant pour l’exciter. Les femmes ont besoin d’un autre type de fantasme. Elles veulent un personnage, afin de jouer un rôle qu’elles ont dans la tête. 

C’est l’anticipation. Je pourrais entrer dans les détails sur la façon dont les comportements les plus traditionnellement romantiques sont associés, dans l’esprit des femmes, à la Romance issue de l’Amour Courtois, avec des prétendants qui essaient de rivaliser les uns avec les autres avec de la poésie, des sonnets, des actes de dévotions… mais ce ne sont là que des comportements, alors qu’il faut s’intéresser aux motifs qui incitent ces comportements. Les femmes ont besoin d’un scénario, d’un enjeu, et d’un dénouement. Oui, de ce point de vue, la romance a un potentiel scénaristique incroyable, mais les femmes préfèrent une « anxiété sexuelle » lancinante, bien qu’elles disent le contraire, c’est ce qu’elles aiment le plus. Les hommes incultes ne font tout simplement pas ce lien entre la romance et l’anxiété, et la perspective d’être romantique est alors déformée par des actes trop simples : « si je lui apporte des fleurs, elle sera plus encline à baiser ». C’est l’idiot qui pense que le confort et la familiarité sont le chemin de l’intimité – c’est faux ! 

J’ai toujours encourager les hommes à attiser et propager l’anxiété d’une femme. Que ce soit par le fait de la mettre en concurrence avec une autre, par le fait d’attiser l’incertitude de la satisfaction sexuelle, de taquiner, de flirter, ou de la mettre dans une position ou c’est à elle de qualifier pour lui, l’idée centrale, c’est toujours de soutenir l’inconfort et l’anxiété. C’est l’inconfort qui accentue son excitation, aiguise son intérêt et la fait poursuivre l’homme. 

Trop souvent, c’est un principe qui est entièrement perdu de vue par les idiots. Ceux-ci pensent qu’attiser l’anxiété est contre-intuitif parce qu’ils croient en la convention sociale qui indique que les femmes veulent le confort et la familiarité afin de devenir sexuelles. Ils croient en la mythologie du « soyons amis d’abord » et donc, déductivement, ils racontent tout d’eux-mêmes aussi vite que possible dans un effort pour se rendre aussi familier que possible (et donc obtenir un rapport sexuel aussi vite que possible). Cet homme commun n’est donc pas perçu comme un homme idéal par une femme exactement pour cette raison. Il n’y a pas de « fantaisie », pas de scénario, pas d’anticipation, et l’attention qu’il lui porte n’a pas de valeur parce qu’elle n’a pas à la gagner. Un tel homme est alors frustré parce qu’il a fait toutes les « choses » romantiques dont il est capable, mais la femme n’est pas devenue sexuelle pour autant, au contraire, elle le voit même très probablement comme un ami, tout cela parce que l’homme s’est trop investi dans le « confort », en évitant tout l’aspect « anxieux », « nerveux », « incertain », qu’elle aime tant mais qu’elle n’admettra jamais aimer. 

Loi n°32 : Touchez l’imagination

On fuit la vérité quand elle est laide et déplaisante. Ne rappelez jamais la réalité, sous peine d’avoir à affronter la colère, fille de la déception. La vie est si dure et si angoissante que ceux qui l’enjolivent par de belles histoires sont tels des oasis dans le désert : tout le monde afflue vers eux. C’est un grand pouvoir que de savoir exploiter l’imagination des masses.

« L’effet Stripper ».

Il y a une contrepartie masculine à ce besoin de fantaisie. Si vous êtes approché par une femme qui est bien au-dessus de votre « catégorie » (ou du moins, la catégorie que vous percevez), qu’elle exprime des signes d’intérêts et s’approche de vous, c’est ce que j’appelle l’effet stripper. Les hommes sont tellement habitués à être les initiateurs et à faire face au (potentiel) rejet, qu’ils payeront volontiers pour l’attention d’une femme attrayante. 


Source : « Perfecting the Fantasy » publié par Rollo Tomassi le 31 octobre 2011.  

Illustration : Aleksandar Pasaric