Vérifications.

« Voir réellement ce qu’il y a en face de soi nécessite une lutte constante ». George Orwell.

En 2003, j’ai vécu à Reno, au Nevada. Je me souviens d’un matin particulier, je conduisais de la salle de gym au travail et j’attendais à un feu rouge. Il était environ 8 h du matin et comme j’avais ralenti et que je m’étais arrêté à l’intersection, j’aperçu ma femme dans sa voiture, en provenance de l’autre intersection. Je savais que c’était elle, je l’ai vue dans le siège du conducteur et je connaissais la voiture (parce que je l’avais achetée). Je dois admettre honteusement que la première chose qui m’a traversé l’esprit, c’est qu’elle courait après moi. Jalousie instantanée, suspicion instantanée. J’ai senti cette ruée des produits chimiques si familière inonder ma circulation sanguine, je me demandais qu’est-ce qu’elle faisait à ce moment de la matinée dans cette partie particulière de la ville. J’ai réalisé plus tard qu’elle avait choisi cette route particulière pour éviter un accident qui ralentissait la circulation sur l’autoroute pour se rendre à un rendez-vous chez le médecin, mais je ne peux pas nier que ma première impulsion (quoique fugace) était celle de la jalousie, de la suspicion ou d’une potentielle trahison. Celle qui était ma femme depuis alors 7 ans, sur qui je n’ai jamais eu de doute quant à sa fidélité, avait déclenché, pendant environ 10 minutes, une « jalousie-suspicion » – une poussée d’adrénaline-endorphine conduisant à des imaginations irrationnelles.

Bien que j’aime m’enorgueillir de pragmatisme et de rationalité, je ne nierai pas que ma première impulsion ait été la suspicion. Je pense que c’est un aspect fascinant de notre développement psycho-évolutionnaire en tant qu’espèce, alors j’ai fait un peu de recherche. Il était facile de trouver des études et des études sur cet effet de jalousie, non seulement chez les humains, mais aussi les primates et les mammifères les plus avancés – putain, même certains oiseaux deviennent jaloux ! Tout cela est déclenché par certains déclencheurs environnementaux, en fonction de la situation, des espèces, des conditions, etc. Un cocktail très complexe d’hormones est libéré dans notre circulation sanguine lorsque de telles conditions sont remplies, conduisant exactement au sentiment d’irrationalité que j’ai ressenti ce matin-là. La jalousie est une dynamique très bien étudiée et qui sert des fonctions de survie latente. Évidemment, l’un de nos impératifs biologiques dans cette vie est de s’assurer de la fidélité potentielle de nos partenaires avec qui nous avons décidé de partager l’investissement parental. Ce phénomène est si impératif que notre biologie a évolué pour nous faire réagir ne serait-ce qu’à la simple suspicion d’infidélité. C’est la racine de ces émotions très volatiles.

Sherlock Holmes.

Une des questions les plus courantes que l’on me pose pour obtenir des conseils est de savoir si un gars a raison d’espionner une copine. C’est toujours une dynamique intéressante car elle illustre le conflit entre la base biologique d’un homme (l’impératif évolutionnaire qui vise à confirmer la fidélité de sa (potentielle) compagne d’investissement parental) et la base biologique d’une femme (une contre-mesure socio-psychologique de la part de la féminisation : c’est l’impératif principal de l’hypergamie). Permettez-moi d’être plus clair. Les hommes sont confrontés à un conflit interne qui oppose leur « instinct de suspicion » à une convention sociale qui l’accuse de « ne pas avoir confiance en lui ». Comme avec la plupart des conventions sociales féminines, la honte est le seul argument ici, mais l’homme perd le respect de son entourage, que ses soupçons soient confirmés ou non. Si un homme « espionne » et/ou assemble des incohérences qui confirment ses soupçons, il espionne quand-même et est coupable de « non-respect de la vie privée de sa copine ». Inutile de dire qu’une femme est socialement validée pour avoir fait confiance à son « intuition féminine » si ses soupçons sont confirmés, mais les hommes ne peuvent pas gagner dans le jeu de l’espionnage relationnel.

Pour compliquer davantage les choses, un homme doit aussi lutter avec sa nature rationnelle dans le contexte de ce cadre féminisé. La logique et la rationalité lui disent que peut-être ses soupçons sont sans fondements et qu’il a, en fait, un problème avec la confiance. Il est très facile de trouver des raisons pour lesquelles vos soupçons sont vraiment sans fondement, mais ce raisonnement peut quand même entrer en contradiction avec ce que votre instinct vous dit.

L’ironie ici est qu’il n’y a vraiment pas beaucoup d’intérêt dans l’espionnage si vous êtes correctement en train de faire tourner les assiettes comme vous le devriez. La plupart des hommes que j’ai conseillés sur leurs soupçons avaient tous une chose en commun : ils étaient surinvestis dans leur relation au point qu’ils n’avaient pas d’autres options viables. Ils étaient tous en train d’espionner, mais dans toutes leurs histoires chacun d’eux ne faisait seulement que confirmer les choses qu’ils savaient déjà. Ils ignoraient volontairement que le message résulte de la façon de communiquer parce que leurs cerveaux savaient qu’ils n’avaient pas d’autres options viables. Ils ont instinctivement compris les incohérences dans les comportements de leurs femmes, les manières, les nuances, etc., ils savaient et confirmaient ce qui avait changé, mais ils ont quand même peur de la perdre. Les hommes (alphas) avec des options n’ont pas de « problèmes de confiance » tout simplement parce que quand l’une de ses assiettes envisage de les mettre dehors pour un autre amant, ils ont 2 ou 3 femmes de plus sur leur liste prêtes à remplir sa place.

Vérification.

Chaque fois que vous sentez que quelque chose ne tourne pas rond dans votre esprit, c’est votre conscience qui vous alerte sur les incohérences qui se déroulent autour de vous. Nous avons tendance à ignorer ces signes n pensant que notre esprit rationnel « sait mieux » et que les choses ne sont pas vraiment ce qu’elles semblent être. Ce n’est pas aussi mauvais que vous l’imaginez, et vous pouvez même ressentir de la honte ou de la culpabilité avec vous-même lorsque vous identifiez ce manque de confiance. Cependant, c’est juste une rationalisation interne qui nous garde aveugles à l’évidence, alors que notre subconscient essaie de nous avertir. Les humains sont des créatures d’habitude avec un besoin insatiable de voir de la familiarité dans les actions des autres. Donc, quand ce comportement prévisible change même marginalement, nos perceptions instinctives déclenchent toutes sortes d’avertissements. Certains d’entre eux peuvent effectivement nous affecter physiquement.

C’est à ce stade que la plupart des hommes font l’erreur d’utiliser l’argument féminin de la « bonne communication qui résout les problèmes », et essaient de tout dire, de tout verbaliser, ce qui ne conduit qu’à plus de rationalisations et de répression sur ce qui se passe vraiment. Ce qu’ils ne réalisent pas, c’est que la manière de communiquer EST le message ; le comportement de votre copine, ses nuances, ses incongruités dans ses paroles et son attitude (et la façon dont votre « petite voix » perçoit tout cela) EST JUSTEMENT le vrai message. Il y a une irrégularité dans son comportement que votre subconscient vous signale, à laquelle votre conscience ne peut pas ou ne veut pas reconnaître.

Avec tant de stimuli variés dans notre environnement, les êtres humains ont dû faire évoluer les mécanismes psychologiques de leurs cerveaux afin de faire face à tant d’informations. Nous ne pouvons tout simplement pas nous concentrer sur chaque stimulus qui nous bombarde, alors nous employons une conscience périphérique qui nous alerte si quelque chose mérite notre attention. Beaucoup de choses ont été écrites sur la capacité de l’homme à être multitâches, mais il serait impossible d’être multitâche sans cette conscience périphérique.

La convention sociale féminine qui fait honte aux hommes en disant qu’ils « manquent de confiance » s’ils doutent de leur copine cherche à transformer cette conscience périphérique afin de promouvoir l’intérêt de l’hypergamie. « Faites confiance à vos tripes, mais ne lui faites pas confiance si une femme est impliquée ». Il s’agit d’une convention sociale très sournoise en ce qu’elle tente de court-circuiter des millénaires de repères instinctifs évolués qui aident les intérêts des hommes dans l’investissement parental, tout en favorisant l’hypergamie féminine comme stratégie de reproduction primaire.

Comment utiliser la façon de communiquer. 

Maintenant, même si tout cela ressemble à un délire conspirationniste, il faut comprendre que tout cela fonctionne « sous la surface », et c’est tout simplement accepté comme une norme. Il est possible, pour ne pas dire rentable, de retourner le scénario sur les femmes. Par exemple, lorsque vous lui refusez marginalement votre attention (probablement beaucoup trop disponible), que se passe-t-il ? A-t-elle recours à des commentaires à haute voix sur votre distance, ou a-t-elle un certain besoin de communiquer rationnellement pour résoudre un problème ? Non, son instinct reconnaît des irrégularités dans vos comportements habituellement prévisibles et elle réagit en changeant son comportement en conséquence. Vous avez « caféiné le hamster », et elle prend l’initiative de réagir en conséquence sans que vous ayez à dire une quoi que ce soit sur votre raisonnement intérieur. 

Gardez cela à l’esprit : les femmes veulent juste entendre la musique et danser ; elles se soucient rarement des paroles, ou de la mesure, ou des raisons qui ont présidées à la création de la musique. La façon de communiquer est le message. Comprenez la façon de communiquer, comprenez le message derrière la façon de communiquer, mais ne tentez jamais d’expliquer quoi que ce soit ouvertement. Cela ruine la musique. 

Loi n°9 : Remportez la victoire par vos actes et non par vos discours.

Le triomphe momentané obtenu en haussant le ton n’est qu’une victoire à la Pyrrhus : le ressentiment, la rancœur que l’on suscite sont plus forts et plus durables que la docilité forcée de votre interlocuteur. Votre pouvoir sera bien plus grand si vous arrivez à obtenir son accord par vos seules actions, sans dire un mot. Ne prêchez pas, montrez l’exemple.


Source : « Gut Check » publié par Rollo Tomassi le 28 octobre 2011.