La rationalisation de l’homme Beta.

« Je n’ai jamais eu de relation sexuelle sans qu’il y ait une signification ; je veux dire, je voulais vraiment baiser toutes les femmes que j’ai jamais baisées ». 

Il est toujours amusant de s’intéresser aux rationalisations que les hommes se créent à eux-mêmes afin de mieux s’identifier à ce qu’ils ont été conditionnés à penser : à savoir tout ce qu’on attend d’eux pour qu’ils puissent avoir accès à l’intimité d’une femme. Ils deviennent assez créatifs parfois. Il y a (encore) sur Reddit une autre analyse d’une anecdote qui met en évidence ce phénomène lié à la pré-qualification masculine. Et encore une fois, il s’agit d’un fil de discussions dans lequel une foule d’anonymes masculins courent à la rescousse d’une femme – anonyme elle-aussi – cherchant la « bonne chose à dire » pour se qualifier auprès de la femme, et ceux-ci renouvellent leur foi en l’humanité et en l’espoir qu’un jour, les hommes « feront vraiment ce que les femmes veulent ».  

Je pense avoir déjà bien évoqué ce sujet (l’identification) dans mes articles sur la crise d’identité, et sur le style de séduction de l’homme « beta », mais je me permets ici d’explorer davantage cette dynamique spécifique. Le problème lorsque vous doutez des motifs qu’un homme avance pour éviter le sexe occasionnel, c’est que vous risquez d’apparaître superficiel. Les hommes « beta » aiment généralement se vautrer dans des idées préconçues de « noblesse » : ils se conçoivent comme plus « profond » que la plupart des hommes dont les femmes se plaignent. Ils pensent que ça leur donne un avantage. C’est une partie intégrante de la stratégie d’accouplement de l’homme « beta » : plus vous êtes proche des femmes, plus elles vous apprécieront comme étant unique et vous récompenseront avec du sexe.

La roue.

Pour les hommes bêta cet état d’esprit a également l’avantage supplémentaire de leur donner la perception qu’ils sont uniques parmi les hommes, de par leur capacité à placer l’importance de la relation au-dessus de leurs impulsions naturelles. En confirmant publiquement sa position sur les relations (la première priorité des femmes est la sécurité, il faut donc attendre pour du sexe) au-dessus de son besoin physique toujours présent pour du sexe, l’espoir subconscient d’un « beta » est d’apparaître ainsi en contrôle de ses sentiments et de sa nature sauvage, que les femmes devraient apprécier comme un parangon d’identification féminine. Cet homme beta a non seulement la capacité, mais aussi la profondeur et la conviction, d’éteindre sa sexualité afin de mieux se conformer à la priorité de « sécurité des relations » dont les femmes ont besoin pour satisfaire leurs propres stratégies sexuelles. C’est le summum de la « piédestalisation » des femmes – mettre les critères émotionnels des femmes au-dessus de son besoin physique pour le sexe. Et le dieu de la biomécanique se met alors à rire au sommet de son trône (les organes génitaux).

La rationalisation « beta ». 

Il est très difficile de critiquer une dynamique sociale enracinée dans les sentiments personnels. Tout ce qu’une personne peut dire, c’est « c’est juste ce que je ressens » et la discussion s’arrête parce que la question de savoir qui je suis, ou qui vous êtes, n’est pas soumise à débat : qui peut douter de la véracité d’un tel propos ? Ajoutez à cela que ce sont les hommes qui constituent le sexe réellement romantique, et il devient difficile de suspecter un motif égoïste à un comportement. En fait, il n’y a peut-être même pas d’effort conscient de l’homme pour exprimer cela. La féminisation de la société a imposé une sorte de « validité par défaut » des sentiments personnels. Les hommes se sont de plus en plus adaptés à la culture féminisée, et plaçant au centre de leur vie leur identification aux femmes, et de ce fait, ils ont développé leur propre version de l’imagination féminine – la version « hominisé » du hamster féminin qui court seul dans sa roue dans le mental des femmes. Les doutes, les soupçons et les angoisses causés par cette mentalité folle des hommes est dirigé vers un idéal centré sur les femmes, que les hommes prennent à tort pour un but centré vers les hommes. 

Le comportement. 

L’auto-analyse a toujours été une mesure très peu fiable dans l’analyse psychologique, en particulier lorsque celui qui s’observe lui-même n’est pas conscient du but latent qui opère derrière les « sentiments » qu’il analyse. Le seul moyen vraiment fiable de démontrer un mobile ou une intention est le comportement observable. C’est une sorte de cliché dans la communauté maintenant, mais cela mérite d’être répété : ne jamais croire ce qu’une femme dit, croyez ce qu’elle fait. Nous utilisons ce concept plus facilement avec les femmes, parce que les hommes font l’erreur de vouloir croire que les femmes sont des agents plus rationnels qu’émotionnels, toutefois, ce concept doit aussi s’appliquer aux hommes, et en particulier aux hommes qui sont prédisposés à copier le monde de fonctionnement mental des femmes. 

Alors d’un point de vue comportemental, nous allons voir beaucoup de comportements incongrus par rapport aux rationalisations de l’homme « beta ». Pour commencer, je ne vais pas nier qu’il y a un élément de base chez les hommes qui désirent un réel lien émotionnel avec une femme. C’est bien normal. Cependant, le sexe est la priorité d’un homme, c’est un impératif biologique, et le fait de nier activement cela, ou de créer des schémas mentaux qui tentent de sublimer cet impératif, sont malhonnêtes au mieux, psychologiquement retardant au pire. Le sexe est la colle qui maintient deux personnes ensembles, et c’est l’excitation sexuelle qui provoque en premier lieu une relation. Désaccentuer le sexe, vous désexualiser activement vous-même dans l’espoir que cela vous rendra plus sexuellement excitant est un effort vers la défaite.

Pour paraphraser Joe Rogan, les hommes se feraient sauter pour la possibilité très improbable d’obtenir du sexe dans une autre dimension. Les hommes accordent une grande valeur au sexe, à tout type de sexe, « faire l’amour », avoir un sex-friend, recourir à une pute, n’importe quel sexe, tant que c’est du sexe. La pornographie n’est pas une industrie de plusieurs milliards de dollars parce que les hommes veulent ajouter du « sens » au sexe. Les femmes sont préoccupées par le fait de donner du « sens » au sexe parce que cela fait partie intégrante de leur stratégie d’accouplement à long terme et pour verrouiller un engagement masculin. Les hommes qui prétendent accorder du « sens » au sexe (au moins au début) sont à l’écoute de leurs rationalisations imaginaires, et ils ne font que répéter ce que les femmes qu’ils espèrent baiser ont dit elles-mêmes. Même anonymement sur un fil de discussion Reddit, ils ne peuvent pas laisser tomber ce prétexte de peur de manquer une occasion potentielle de passer pour « superficiels » et « seulement là pour baiser ». 

Je suis obligé de rire quand j’entends des hommes revendiquer une recherche de « sens » et de « relation sérieuses » après avoir enchainé de nombreux coup d’un soir. Statistiquement, la plupart des hommes n’approchent même pas un décompte de femmes qui pourrait valider une telle allégation. Selon les études les plus récentes que j’ai lues, la plupart des hommes ont une moyenne de 7 partenaires sexuels au cours d’une vie. Cela peut changer, mais même si c’était une moyenne de 10 ou 12, tenter de justifier une recherche de « relation sérieuse » qui a du « sens » alors qu’on a connu que quelques partenaires, c’est ridicule, et cela dénote bien une identification à la stratégie d’accouplement féminine. Ajoutez à cela que près de 80 % (au moins) des hommes sont des hommes « betas », dépourvus de compétences sociales et de motivation pour augmenter leur nombre de partenaires, qui seraient incapables de justifier ce raisonnement. Alors qu’est-ce qui les oblige à concocter ces rationalisations dont ils se sont convaincus eux-mêmes ? 

C’est une mentalité beaucoup plus saine pour les hommes que d’assumer leur propre sexualité. A dieu ne plaise qu’une femme puisse effectivement penser que vous la trouvez sexy et que vous ayez envie de la baiser. Malgré leurs protestations, les femmes veulent que les hommes aient envie de coucher avec elles. Les femmes se plaignent souvent du fait qu’elle ne se sentent pas sexy, parce qu’elles le ressentent ainsi, et c’est normal qu’elles ne se sentent pas sexy si vous commencer vos relations en vous rendant vous-même asexué en espérant que cela ajoute du « sens ». Sur les quelques 40 femmes avec lesquelles j’ai eu des relations sexuelles, je n’ai regretté aucune relation. J’ai très certainement regretté une partie du drame qui s’ensuivit à la suite de quelques-unes de ces relations, mais j’ai beaucoup apprécié le sexe. Le sexe pour le sexe, c’est normal. Croyez-moi, après la millième des relations sexuelles avec votre femme ou copine de longue date, le sexe pour le bien du sexe est fantastique. Arrête d’écrire de la poésie sur le sexe et baisez.


Source : « The Beta Hamster » publié par Rollo Tomassi le 27 octobre 2011.