Tueuses de rêves.

Les femmes ne devraient être qu’un complément à la vie d’un homme, jamais le centre de la vie de celui-ci. 

Il est devenu courant aujourd’hui de se marier avant d’avoir réalisé tout son potentiel. J’ai lu de nombreux articles plaintifs et gémissants à propos d’une génération apathique « d’adulescents » mâles, c’est pourtant loin de la réalité que j’observe lorsque je fais des consultations pour de jeunes hommes. Non, ce que veulent ces jeunes hommes, c’est juste un peu de connaissances sur le jeu de séduction pour se connecter avec la fille de leur rêve et se détendre avec elle dans un cocon béat de monogamie. Ils veulent s’engager. Leur conditionnement psychologique imposé par l’impératif féminin les oblige à croire que l’engagement est urgent. 

Cela ne cesse pas de m’étonner, quand je parle avec ces jeunes hommes dans leur adolescence et dans leur vingtaine, quand ils essaient de m’impressionner avec leur indépendance féroce dans tous les autres domaines de la vie, alors que ce sont ces mêmes jeunes hommes qui sont prêts à limiter cette indépendance et leur ambition en échange d’une intimité féminine fiable. Ils désirent beaucoup trop mettre les menottes de la monogamie, plutôt que de se développer en hommes d’ambitions et de passions, avec qui les femmes veulent naturellement s’associer. 

La vérité est cependant toute autre : plus vous restez non-engagé, plus vous aurez d’opportunités. Des hommes plus sages que moi ont déjà déclaré que les femmes étaient des tueuses de rêves – et bien que je sois d’accord avec cela, je dirai que c’est plutôt la faute de l’homme, à cause de sa propre apathie, et non la faute des femmes (ou une quelconque « nature féminine » qui serait en cause). 

En fait, il est dans l’intérêt des femmes que vous ne vous engagiez pas avec elle, pour plusieurs raisons. Je me rends compte que cela peut être très contrintuitif de lire cela, mais en vous rendant facilement disponible vous diminuez votre valeur auprès d’elles. La rareté augmente la valeur, et en particulier lorsque la raison de cette rareté est quelque chose qui sert l’intérêt d’un autre (le sien dans cet exemple). L’homme au milieu de sa vingtaine poursuivant son ambition de devenir avocat à la faculté de droit, ou le stagiaire qui passe de longues heures à l’hôpital avec l’ambition de devenir médecin, sont entravés par les complications qui nécessite l’entretien d’une relation monogame. Le temps et les efforts de ces jeunes hommes doivent être consacrés à la réalisation de leurs objectifs, afin qu’ils deviennent des hommes de valeur encore plus élevée, non seulement en termes de réussite financière, mais aussi et surtout pour leur propre édification et leur propre confiance en eux. Inutile de dire que les contraintes et les obligations que le maintien d’une relation monogame exige – à la fois en termes de temps et d’investissement émotionnel – rendent la réalisation de ces ambitions beaucoup plus difficiles. 

J’ai tendance à promouvoir l’idée que les hommes devraient être sexuellement et émotionnellement non-exclusifs jusqu’à l’âge de 30 ans, mais c’est une suggestion minimale. Je pense que 35 ans est encore mieux. L’idée c’est que lorsqu’un homme vieillit et mûrit dans sa carrière, ses ambitions et ses passions, sa personnalité, sa capacité à mieux juger le caractère d’autrui, sa compréhension globale du comportement et des motivations de chacun, il deviendra plus « précieux » aux yeux des femmes les plus désirables, et il bénéficiera de meilleures opportunités à cet égard. La valeur sexuelle des femmes diminue à mesure qu’elles vieillissent et c’est à ce stade que l’équilibre penche en faveur de l’homme « en maturation ». Ce sont les hommes qui réalisent cela très tôt, et qui comprennent que s’améliorer dans le présent sera rentable dans l’avenir, tout en profitant (et en apprenant) les joies qu’il y a à être non-exclusif et non-engagé ; car c’est cela qui fabrique un homme que les femmes s’arracheront à long terme. 

Au milieu de votre vingtaine, vous êtes au sommet de votre potentiel en ce qui concerne la direction que vous allez imprimer à votre vie. Je ne vais pas me faire des amis en soulignant cela, mais ce qui énerve la plupart des « monogames en série », c’est le regret d’avoir assumé les responsabilités de la monogamie avant d’avoir vraiment saisis leur potentiel. 

Si vous êtes célibataire à 35 ans avec peu de succès personnel, vous faites pourtant des envieux parmi tous les hommes, parce que vous possédez deux des ressources les plus précieuses que la plupart des hommes de votre âge (ou plus vieux) ne possèdent pas : le temps et la liberté. Je vous envie. Vous n’êtes pas enchaîné par les responsabilités auxquels la plupart des hommes sont confrontés chaque jour, lorsque ceux-ci sont mariés, en relation longue durée, avec des enfants, ou en train de récupérer d’un divorce. Même sans aucune intention, vous êtes dans une position telle que vous pouvez aller dans n’importe quelle direction de votre choix sans tenir compte de l’impact de celui-ci, si ce n’est vous-même. Beaucoup d’autres hommes, même dans la relation de couple la plus idéale, n’ont pas ce luxe. 

Quand vous pensez à toutes les responsabilités qui sont exigées de la plupart des hommes (et des femmes) dans la vie moderne d’aujourd’hui, vous avez gagné au loto ! On m’a demandé, un jour, ce que j’achèterai si l’argent n’était pas un problème, et j’ai répondu : « le temps ». Le pouvoir n’est pas une ressource financière, un statut social ou une influence que vous avez sur les autres ; le pouvoir, c’est le degré de liberté avec lequel vous contrôlez votre propre vie, et en ce moment, vous êtes puissant. Croyez-moi, c’est aussi bon que cela et c’est d’autant plus vrai que vous êtes assez vieux pour comprendre et apprécier ce qui est vraiment à l’œuvre ici. 

Les femmes sont « usées », « endommagées » à vos yeux maintenant ? Et alors ? Vous avez la liberté de sélectionner et de discriminer comme vous le souhaitez. Vous ne trouvez pas de femme avec qui vous mettre en relation de longue durée ? Mais, pourquoi voudriez-vous faire cela !? Laissez-la vous trouver ! Vous avez peur de finir vieux et seul ? Vous devriez plutôt craindre d’être tellement paralysé par la peur de la solitude que vous allez faire les mauvais choix et vous contenter d’une vie sous contrôle dans la misère d’un mariage sans passion. 

A cet égard, je suis partisan de l’école de pensée qui consiste à dire : « construisez votre vie et elles viendront ». Les femmes ne devraient être qu’un complément à la vie d’un homme, jamais le centre de la vie de celui-ci.

Est-il préférable de choisir le chemin de moindre résistance pour arriver à une intimité idéalisée et préfabriquée, ou de vous développer vous-même pour obtenir la même intimité ? Certes, les deux cas de figure mettent les femmes au centre de la vie d’un homme, et c’est une position que la plupart des femmes trouveront attachante au début, mais suffocante à la fin. Les femmes veulent « vouloir » leurs hommes. Les femmes veulent un homme que les autres hommes rêvent de devenir et que les autres femmes veulent baiser. Elles ne veulent pas d’un esclave de leur intimité, car cela la place dans le rôle masculin. Elles veulent plutôt un homme mûr, décidé, qui a la confiance nécessaire pour la repousser, lui dire « non », en faveur de son ambition et de ses passions, car cela sert deux objectifs. Premièrement, il définit sa position comme une position d’autorité et de développement, dont elle, et ses enfants, bénéficieront. Deuxièmement, cela force la femme à courir après son homme – en quelque sorte, les ambitions légitimes et les passions de l’homme deviennent « l’autre femme » avec laquelle elle doit rivaliser pour son attention. 

Vous remarquerez que j’ai qualifié les ambitions de « légitimes » ici. Une femme impliquée avec un étudiant en droit ou un interne qui ont le potentiel de devenir avocat et médecin sont des paris assez solides pour la sécurité future. Un artiste ou un musicien, peu importe le talent ou l’engagement passionné, ne sera considéré comme bénéfique que s’il peut prouver sa valeur de sélection auprès des femmes. Toutefois, cet aspect peut être compensé par une détermination absolue – une fois de plus ! – en choisissant de s’entourer de femmes qui ont la capacité d’apprécier le talent artistique. Cela dit, pensez à l’homme qui a choisi de devenir plombier ou mécanicien, parce que c’était sa vocation. Le meilleur plombier du monde ne va loin qu’il rêve de posséder sa propre entreprise. 

Tout cela est limité par l’attitude d’un homme envers le sexe opposé. Les femmes sont des tueuses de rêves. Non pas à cause d’une « nature féminine » qui les obligeraient à être ainsi, mais parce que les hommes vont trop volontiers sacrifier leurs ambitions en échange d’un approvisionnement régulier de sexe, ainsi que les responsabilités que les femmes attachent à cela. 

Alors oui, il est préférable de se développer plutôt que de prendre le chemin de la moindre résistance. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas draguer tant que vous n’êtes pas sorti de l’université, que vous avez dépassé la trentaine et que vous ayez une carrière en ordre. Il s’agit plutôt de ne pas envisager de relation monogame tant que vous n’êtes pas devenu assez mature pour en comprendre les limites, et tant que vous n’avez pas atteint le succès, c’est-à-dire la satisfaction de votre propre ambition et de vos propres passions. Cela veut aussi dire que les femmes devraient vous complimenter et soutenir vos plans de vie. 


Source : « Dream Killers » publié par Rollo Tomassi le 14 octobre 2011.  

Illustration : rawpixel.com