Les femmes & le sexe.

« Le sexe est une chose si forte que des mecs sont prêts à se faire exploser rien que pour la possibilité, très improbable, d’y avoir accès dans une autre vie. Il n’existe pas de femmes prêtent à se faire exploser pour un pénis ».

Joe Rogan


L’une des expressions les plus ennuyeuses que j’ai lu ou entendu de la part des hommes (plutôt que de la part des femmes) est que « les femmes sont toutes aussi sexuelles que les hommes, voir même plus ». Rien ne m’arrête davantage aussi brusquement, dans une lecture, que cette phrase, écrite par un chevalier blanc cherchant à s’auto-convaincre, espoir après espoir, que cela pourrait être vrai. Il s’agit d’une convention sociale féminine très efficace, et même internalisée par des coaches en séductions tristement célèbres. Ce fantasme fait partie des conventions sociales les plus mythiques, un peu comme le mythe du « pic sexuel » des femmes. Il suffit d’une connaissance rudimentaire de la biologie féminine pour déconstruire ce mythe. 

Les femmes sont plus sexuelles que les hommes, mais elles sont réprimées en raison d’un manque de « confiance ».

Manifestement faux. Un mâle en bonne santé produit entre 12 et 17 fois la quantité de testostérone qu’une femme produit. C’est une impossibilité biologique pour une femme de vouloir du sexe autant, ou aussi souvent, que les hommes. Croyez-moi, quand une femme dit : « je ne comprends pas pourquoi le sexe est si important pour les gars », elle dit strictement la vérité. Aucune femme ne fera jamais l’expérience de vivre avec 17 fois la quantité de ses propres niveaux de testostérone (en dehors des stéroïdes). Parmi ses nombreux autres effets, la testostérone est l’hormone primaire impliquée dans la stimulation de la libido humaine. Je devrais également ajouter que, en moyenne, et en dehors des variables environnementales, la testostérone d’un homme ne diminue que de 1 % par an au-delà de 40 ans, donc même à l’âge de 60 ans, en moyenne, un mâle en bonne santé ne subit qu’un déficit moyen de 20 % de testostérone.

Les critiques de cette observation aiment à répondre que, pour l’excitation sexuelle féminine, la testostérone n’est pas le seul facteur à considérer. Ce avec quoi je suis d’accord, mais la testostérone est le principal facteur de réponse sexuelle. Une femme ne peut pas comprendre ce que peuvent avoir pour effet 12 à 17 fois leur quantité actuelle de testostérone dans leurs corps, sans utilisation de stéroïdes. En fait, le premier effet dont les femmes « bodybuilders » qui prennent des stéroïdes anabolisants prennent conscience, c’est l’augmentation immense de leur intérêt sexuel et de leur libido. Donc, en termes de réponse hormonale/biochimique, il n’y a aucune façon (naturelle) qu’une femme pourrait utiliser pour faire une comparaison exacte de ce qu’est la libido de base d’un homme par rapport à la sienne. Le désir sexuel des femmes est également cyclique. Même au sommet de son cycle ovulatoire, quand elle est à son excitation potentielle maximale, elle ne fera jamais l’expérience de ce que les hommes ressentent 24 heures par jour. C’est la racine du mythe, et la source de la convention sociale.

D’autres critiques aiment argumenter erronément que l’œstrogène joue un rôle dans l’excitation sexuelle féminine. Ils se trompent.

Comme pour les hommes, les femmes ont besoin de la testostérone pour maintenir la libido, la densité osseuse et la masse musculaire, tout au long de la vie. Chez les hommes, l’œstrogène fait diminuer la testostérone, diminue la masse musculaire, ainsi que la croissance chez les adolescents, favorise la gynécomastie, augmente les caractéristiques féminines et diminue la susceptibilité d’être atteint d’un cancer de la prostate. Le désir sexuel dépend des niveaux d’androgène plutôt que des niveaux d’œstrogène.

Je comprends aussi que la sexualité féminine fonctionne différemment de la sexualité masculine, mais cela ne fait que renforcer mon point de départ. La sexualité des femmes est cyclique, non seulement sur un calendrier mensuel, mais aussi sur des périodes de vie entières (ménopause et pic de fertilité par exemple). Il y a des périodes sur un mois et une vie où le désir sexuel augmente et diminue, un homme (en bonne santé) reste relativement constant de la puberté jusqu’à environ l’âge de 40 ans. Les femmes sont plus lentes à exciter, elles ont tendance à avoir besoin de plus qu’une simple stimulation visuelle, et il y a certainement un élément psychologique (elles ont besoin d’un fantasme). Les hommes n’ont besoin que d’une stimulation visuelle et d’une rétroaction minime pour s’exciter (p*rnographie).

Il est également très évident que des thérapies hormonales post-ménopauses utilisent la testostérone pour stimuler les femmes dont la libido est signalée comme trop basse. Lorsque les femmes sont aux sommets de leurs cycles ovulatoires, elles éprouvent un pic aigu de niveaux de testostérone afin de faciliter la grossesse et puis cette hormone est éliminée pendant les menstruations. Vous pouvez débattre sur la meilleure façon, pour une femme, d’obtenir la testostérone, mais quoi qu’il en soit, c’est la testostérone qui est nécessaire pour inciter une réponse sexuelle.

Maintenant, la vraie question est : pourquoi un tel mythe populaire deviendrait-il une convention sociale si utile ? Pensez-y. Cette convention sociale sexualise les femmes, tout en ne les rendant pas « salopes » pour autant. Elles peuvent éviter les stigmates de la « promiscuité » tout en présentant le fantasme qu’elles sont secrètement « plus sexuelles » qu’elles ne sont « autorisées » à être, si seulement elles pouvaient rencontrer un homme assez habile pour faire ressortir cela en elles.C’est une convention de sélection sexuelle. Le fantasme c’est que les femmes sont vraiment ces loups dans les vêtements de mouton pour le bon homme. Dans une certaine mesure, cela est vrai. Les études indiquent que les femmes qui sont dans leur fenêtre de fécondité cherchent en fait agressivement des mâles alpha pour des rencontres sexuelles conventionnelles. Cependant, encore une fois, la racine de cette convention sociale est dans la présomption que « les femmes sont tout aussi sexuelles que les hommes », ce qui n’est tout simplement pas le cas compte tenu de la « conditionnalité » de la réponse sexuelle féminine. 

Aucun homme ne sera jamais encouragé à réfuter l’idée que les femmes sont également préoccupés par, ou tout aussi désireuses de sexe, comme les hommes le sont. Nous aimons le fantasme que les femmes sont secrètement aussi demandeuses de sexe que nous, si seulement la société était plus ouverte et acceptait la sexualité féminine. Pourtant, dans le même souffle, nous entendons ce même genre d’homme parler de la façon dont les femmes sont devenues salopes et agressives dans le cadre de la chute de la société occidentale. C’est ironique, mais cela donne aux hommes l’espoir que, s’ils peuvent trouver la formule secrète pour libérer la bête sexuelle au sein de chaque femme, ils trouveront cette insatiable femme avec qui se jumeler dans une relation monogame. Si les femmes sont aussi sexuelles que les hommes, pourquoi ne sont-elles pas en conflit avec les mêmes forces lorsqu’il s’agit de monogamie ? Imaginez un monde où les femmes sont aussi excitées que les hommes. Pensez à une boite gay et vous pourriez vous faire une idée. Les femmes, bien sûr, aiment à encourager et renforcer cette convention sociale, parce que cela sonne comme une victoire sur l’oppression sexuelle patriarcale (« oui, nous serions plus sexuelles si seulement vous nous autoriseriez à l’être, bande de méchants hommes ! »), tout en reconnaissant tacitement que cette convention sociale transforme les hommes en chevalier blanc de la cause (c’est-à-dire la primauté de l’impératif féminin). 

L’objet de cet article n’était pas de débattre de la question de savoir si, oui ou non, les femmes sont sexuelles – évidemment qu’elles le sont – mais je voulais simplement attirer l’attention sur cette fausseté que représente l’idée que « les femmes sont toutes aussi sexuelles, voire plus, que les hommes ». Aucune femme ne peut avoir une opinion réaliste à ce sujet, sauf si elle a 12 à 17 fois son taux de testostérone habituel et qu’elle vie dans le même état biologique qu’un homme. Considéré comme cela cette assertion est stupide, mais comme je l’ai dit, pour les femmes, il est utile et bienvenu de faire croire qu’elles sont « toute aussi sexuelles » que les hommes. Et les hommes-vagin (les hommes qui s’identifient aux femmes) sont aussi trop heureux de renforcer cette idée fausse parce que cela leur offre l’espoir de rencontrer une de ces femmes « sexuellement réprimée ». 


Source : « Women & Sex » publié par Rollo Tomassi le 4 octobre 2011.