L’idiot moyen.

Dans la « communauté », il y a une forte demande pour employer un meilleur terme. L’un des principaux obstacles que rencontrent les hommes moyens lorsqu’ils se débranchent de la matrice est d’accepter les termes que nous employons. Quelque part sur le net, je suis sûr qu’il existe un glossaire des acronymes qui sont le plus communément utilisés dans la « manosphère » (je déteste cette appellation aussi), qui décrit et développe les raccourcis et les facilités de langage que nous utilisons. Certains de ces termes sont devenus « mainstream », et je commence même à voir des web-journalistes ‘sérieux’ utiliser régulièrement des termes comme « RLT » (Relation à Long Terme) ou « coup d’un soir », ce qui signifie qu’il existe une perception commune de ce que ces termes impliquent. 

La raison pour laquelle l’utilisation de ces termes est un obstacle au débranchement de certains hommes, qui restent ainsi coincés dans la matrice, c’est que ces mots semblent presque juvéniles, comme si nous étions des garçons préadolescents qui s’amusaient à construire une cabane dans les bois. Que je me permette de faire cette critique semble un peu ridicule, après tout, je suis le premier à tenter de faire des comparaisons entre, d’une part, le paradigme social de l’impératif féminin, et d’autre part, l’intrigue centrale du film « Matrix ». C’est en réalité une bonne comparaison et une allégorie utile, pour peu que vous compreniez les concepts sous-jacents, mais pour un homme qui découvre ces comparaisons alors qu’il a passé toute sa vie en étant immergé dans un ordre social féminin et féministe, c’est un charabia difficile à appréhender. Et de manière prévisible, les femmes (qui sont investies dans ce même ordre social) considèrent que notre terminologie est celle de petits garçons qui se tiennent fièrement en haut de leur cabane et qui s’amusent à jeter des cailloux sur les filles qui sont restées en dessous. 

Cependant, comme dans tout nouveau développement dans le domaine de la science, de l’art ou de la technologie, il y aura toujours besoin de codifier et de « dictionnariser » les concepts abstraits. Nous manquons de meilleurs termes, nous sommes donc obligés de forger de nouveaux concepts. 

Le « crétin moyen », où « l’idiot frustré moyen » (« average frustrated chump ») a été inventé il y a presque une décennie, dans la méthode Mystery [coach en séduction]. Ce concept a subi beaucoup de modification au fil du temps, devenant presque un synonyme de l’expression « homme beta » et/ou « homme herbivore ». En fait, bien que je l’utilise souvent, je lis rarement l’expression « d’idiot frustré moyen » dans les blogs et les forums orientés séduction, ou sur ceux de la « communauté » dans son ensemble. Quelle que soit la terminologie, le concept est plus important que le terme employé. 

La plupart des idiots frustrés moyens qui regardent le contenu de la communauté pour la première fois peuvent se faire une idée de ce que ce concept signifie, et ils peuvent s’identifier à ce qu’ils lisent. Une fois qu’ils commencent à débrancher de la matrice, le concept d’idiot frustré moyen commence à prendre davantage de sens, et généralement avec un certain inconfort, ces jeunes hommes novices commencent à réaliser que ce terme s’applique à eux-mêmes.

Les qualités d’un idiot frustré moyen.

  • Croit aux idéalisations féminines. 
  • Supplier, c’est soutenir. Pour se conformer à l’égalité des sexes, une femme doit augmenter de valeur, donc il doit diminuer la sienne, indépendamment de la façon (subtile) dont cela se réalise. 
  • Le schéma du « sauveur » – Si l’homme résout les problèmes de la femme, celle-ci doit lui offrir l’accès à son intimité. 
  • Le schéma du « martyr » – Plus l’homme se sacrifie, plus il prouve sa dévotion envers la femme. 
  • « L’endettement amical » – « Restons amis » et ses conséquences : développer une pseudo-amitié avec la femme qu’on désire parce qu’on pense que ce sera l’occasion prochaine de devenir son petit-ami. 
  • Ne se repose que sur les « rendez-vous » et les compétences sociales (où l’absence de celles-ci) développés pendant l’adolescence et le début de l’âge adulte. 
  • Un historique de comportement qui illustre l’attitude mentale de la « monogamie en série », et les insécurités connexes qui accompagnent souvent ce type de comportement. 
  • La croyance que les femmes (re)connaissent infailliblement et consciemment ce qu’elles veulent, qu’elles le disent honnêtement et ouvertement, et tout cela indépendamment des comportements contradictoires qui sont pourtant observables. Utilise le raisonnement déductif pour déterminer l’intention des femmes et recherche ce qui fonde leurs motivations, plutôt que d’observer objectivement leurs comportements. S’imagine que le penchant naturel des femmes consiste à utiliser la communication rationnelle plutôt qu’émotionnelle. 
  • Croit au mythe de l’identification. Plus il arrive à s’identifier et à devenir semblable à la femme qu’il idéalise, plus il pense qu’il sera capable d’être digne de son intimité. Estime que les intérêts communs partagés sont la seule clef de l’attraction et de l’intimité durable.
  • Pratique la doctrine dite « je ne suis pas comme les autres hommes », même si cela l’anonymise. 
  • Considère que les relations de longues distances sont une option viable pour former un couple et devenir intime de manière prolongé. 
  • Entretien la croyance que les qualifications et les caractères des femmes coïncident avec sa capacité (ou son incapacité) à les attirer. C’est-à-dire qu’il confirme lui-même que telle femme est « trop belle pour lui » ou bien qu’une autre est une « sal*pe » dès lors qu’il n’arrive pas à obtenir la première ou a obtenu trop facilement la deuxième. 
  • A une peur irrationnelle (et souvent socialement renforcée) de la solitude de long terme et modifie son état d’esprit ainsi que son comportement pour réussir à se contenter d’une relation de court terme sous-optimale pour lui (il peut mieux faire), alors même qu’une telle relation « de court terme » peut avoir de lourde conséquences sur toute sa vie. 
  • Un idiot frustré moyen affirmera à qui veut l’entendre sa croyance dans l’égalité réelle entre les sexes sans considérer les différences parfois fondamentales qui séparent les hommes et les femmes. C’est-à-dire qu’il pense que les femmes peuvent parfaitement incarner des modèles masculins et réciproquement. En raison des pressions exercés par la société, il confirme ainsi inconsciemment que l’androgynie est son but. 

Ceci n’est pas une liste limitative. Il y a de nombreux autres éléments, mon intention, ici, n’est pas de vous fournir une liste de critères qui permettent de qualifier à coup sûr un idiot frustré moyen (du type : « vous en êtes un si… si… et si… ») ; mon intention était plutôt de vous donner une certaine idée de ce qu’implique ce terme afin que vous vous en fassiez une représentation mentale plus précise. Inutile de dire que ces schémas mentaux sont des obstacles à la prise la pilule rouge, et ne permettent pas à l’idiot frustré moyen de changer son ancienne façon de penser. Comme j’aime à le répéter, débrancher les idiots de la Matrice est un travail sale, rude et pénible. Attendez-vous à rencontrer beaucoup de résistance, mais comprendre vos anciennes dynamiques ainsi que celles de votre entourage aidera à passer au-delà du conditionnement social. C’est un travail ingrat, et le plus souvent, vous serez confronté à un barrage constant de tests et de volonté de vous ridiculiser, venant à la fois des femmes et des hommes féministes. Préparez-vous. Débrancher les idiots, c’est faire un tri sélectif : sauvez ceux que vous pouvez, lisez les derniers rites aux mourants. 

Source : « Average Frustrated Chump » publié par Rollo Tomassi le 13 septembre 2011.