Les canards en caoutchouc.

J’avais l’habitude de jouer à ce jeu de carnaval quand j’étais enfant. Avec une canne à pêche magnétique, j’essayais d’attraper l’un des nombreux canards en caoutchouc qui se déplaçaient dans l’eau autour d’une piste circulaire. Chaque canard avait un marqueur spécial sur le fond pour indiquer un prix, mais sinon ils étaient identiques, flottant sur cette piste prédéterminée, regroupés ensemble.

Les humains sont-ils différents ?

Nous tournons aussi en rond, sans but réel, laissant le courant de la vie nous façonner au lieu de le faire dans l’autre sens. La piste est le temps. Les jours se distinguent, mais les semaines, jamais. Cette semaine sera comme la semaine dernière. Cinquante-deux semaines par an pour vous, et elles seront toutes pareilles. Les détails peuvent changer, mais la façon dont vous vivez votre vie et le chemin que vous empruntez ne changeront jamais. Dites-moi qui vous êtes aujourd’hui et ce que vous croyez et je vous dirai ce que vous ferez dans dix ans. Peut-être une nouvelle voiture, une nouvelle maison, une nouvelle amante ou un nouvel enfant, mais rien d’exceptionnel, rien que n’importe qui d’autre peu expérimenter. Nous sommes les canards.

Je me demande ce que cela fait d’être un canard en caoutchouc qui se fait arracher de la piste, loin du courant sûr mais prévisible. Il semble que ce serait effrayant, de voler dans les airs comme ça, loin de ce que vous savez, sans indice sur ce qui va se passer ensuite. Mais je ne connais pas de meilleure façon de vivre pour un canard.


Source : « Rubber Ducks » publié par Roosh Valizadeh le 31 janvier 2007.