Les 15 leçons de Pook. Leçon 6.

Avant Rollo, Roosh ou Roissy, il y avait Pook.

En 2001-2002, sur le forum SS, il y avait un membre anonyme qui s’appelait Pook. Il resta une énigme sur le forum dès 2004, et bien plus tard, dans ce qui allait devenir la communauté de la Pilule Rouge. Puis il disparut. 

Avant que Pook ne disparaisse d’Internet, il laissa derrière lui certaines des idées les plus fondamentales de la pilule rouge, qui ont donné naissance à de nombreux concepts que nous considérons comme acquis dans ce qui est devenu la Manosphère.

Pour beaucoup, le style de Pook était trop prosaïque. Il avait un don pour la poésie et ses publications les plus lus étaient des aphorismes et des paraboles. Cela ajoutait à son caractère mystique, mais beaucoup de lecteurs très littéraliste du forum de l’époque, et de la communauté de la pilule rouge dans son ensemble, n’ont pas eu la patience de déchiffrer ce qu’était vraiment le message de Pook.

Aujourd’hui, la plupart des membres de la Manosphère (et de l’Androsphère) n’ont aucune idée de qui était Pook ou de ce qu’il a apporté à notre discours.


Cet homme était en train de rôder en ville à la recherche d’une meuf. Et dès qu’une opportunité s’ouvrait à lui, il la saisissait, approchant toutes les femmes, et faisant à chaque fois tout ce qu’il pouvait afin de la CONQUERIR. Malgré ça, il échoua misérablement. 

Avec celle-ci, il avait essayé les fleurs. Avec celle-là, il avait essayé des petits cadeaux. Avec une autre encore, il avait même tenté des bonbons. 
Dans les conversations qu’il échangeait avec elles, il s’accordait avec tout ce qu’elles pouvaient lui dire. En ce qui concerne son emploi du temps, il remettait tout ses rendez-vous, et ce qu’il avait à faire d’important en fonction d’elle et de ses caprices. Chaque femme devenait son soleil, et sa vie entière tournait en orbite autour d’elles. 

Mais le pauvre homme continuait de se planter, et de se faire abuser. 

« C’est sans doute qu’elle ne savent pas ce que tu vaux réellement » lui dirent ses copines d’un certain âge, et ses amis. 

Après un certain recul, l’homme réalisa qu’il y avait comme une constante dans toutes les situations sentimentales désastreuses qu’il avait rencontré: 

« La seule constante, c’est Moi. Et si c’était moi l’origine de tout ça? Et si il y avait quelquechose qui n’allait pas chez moi, qui est la cause de tout mes soucis? » 

Il resta le même, bien qu’il avait commencé à mettre le doigt sur l’origine de son problème. Et c’est sans grande surprise, qu’il se planta, et qu’il n’obtint rien de ce qu’il voulait. Enfin, quelque chose en lui se réveilla, en même temps que sa colère: « J’en ai ASSEZ! » dit-il. « Pourquoi est-ce que j’agis comme un mendiant? Je suis inteligent, beau, j’ai un avenir, et c’est aux FEMMES de se décarcasser pour m’avoir! » 

Et c’est ainsi qu’il mit un terme aux fleurs, aux cadeaux, aux chocolats,à sa disponibilité, et il arrêta de céder sans cesse à ses caprices. 

« Plus aucun piedestal! » déclara t’il.. »..car.. » 

« Tu es le Prince de ses demoiselles. » 

« Oui! » dit le Pook. « TU es le prix à gagner. » 

Le jeune homme sautilla alors de joie. « Ahhh! Ca veut dire que je n’ai rien à faire, c’est elle qui font tout, je peux porter mes vieilles sapes, (vetements), et ne RIEN CHANGER DE MOI MEME! J’adore entendre ça, car ça veut dire que je suis parfait tel que je suis, et que je ne dois changer pour personne! » 

Le Pook lui donna de nouveau une claque. « Petit présomptueux! Si tu n’es pas changé par la vie, alors c’est que tu ne la vis pas pleinement! Il n’y a que ceux qui n’ont rien compris du sens de l’existence, qui n’évoluent pas, et donc ne changent pas. » 

Mais le jeune homme était têtu. « Je ne changerai pour personne. » 

« Pour personne, oui, mais pour toi-même? » 

« Mais j’aime comment je suis. » 

« Ok, assez! » 

Le jeune homme était choqué. Il n’avait jamais vu le Pook furieux. » Je suis tel que je suis! » persista t’il. 

Alors Pook fit appel à deux jeunes hommes. Ils étaient debout, et se tenaient chacun dans un coin de la pièce où Pook et son disciple se trouvaient. Pook alors commença: »Voici devant nous à présent, deux jeunes hommes, tous les deux au seuil de leurs existences. Les deux ont les mêmes origines. Mais pourtant, leurs destinations sont complétement différentes. Examinons le premier jeune. » 

Pook passait en revue l’enfance du permier jeune cobaye. Il fit montrer à son jeune disciple, la personnalité du premier garçon. Au moindre coup sur la tête, il(le cobaye) se mettrait à pleurer sa maman. Il s’agripperait à son tablier, ou sa robe. Avec son père, il sentait comme une peur ancrée au fond de lui. Après tout, son père était celui qui mettait les punitions, les limites, et les leçons qu’il devait apprendre. C’est pour ça qu’il préferrait la compagnie de sa mère, qui était plus laxiste, et avec qui la vie était plus facile. 

A présent, c’est l’enfance du second gamin qui est passé en revue. Sa vie a été exactement la même! 

« Mais venons en aux faits! » protesta le jeune homme impatient. 

« Regarde » répondit le Pook. 

Le premier jeune homme n’a jamais coupé son cordon ombilical qui le relie à sa mère. Ainsi il a cherché sans cesse à retrouver cette sécurité, celle de sa petite enfance, qu’il avait chez sa mère. Mais comme il ne la trouvait jamais, il dégringola dans la dure réalité de son existence. Il n’a jamais su réellement ce qu’il voulait faire dans la vie, alors il a toujours fait ce que tout le monde faisait autour de lui. Toujours prisonnier de ses amis, ne cherchant jamais à prendre du recul sur eux afin de pouvoir se consacrer à ses propres projets, ou occupations. Le temps de jeu était toujours essentiel pour lui, un moyen de retrouver ce sentiment de joie et de sécurité qu’il avait avec sa mère. Finalement, il trouva une femme, il avait choisi la première qui l’aimait (ou du moins qui le tolérait, il ne pouvait pas savoir) et se maria avec. Hélas! Le marriage n’avait duré que quelques années, qu’un divorce était déja prononcé. « Pourquoi m’a t’elle quitté? » pleurnicha l’homme pathétique. « Je l’ai chérie! Je lui achetais des fleurs tous les jours, je lui contais des poèmes, et je lui ai toujours dit que je l’aimais! ». Elle, se plaigna: « Il m’a dégoute. » Cet homme avance à travers se vie, brisée, et brisée encore, tentant vainement de reconstruire son paradis perdu, le chateau de sable de son enfance, pendant que les vagues de la dure réalité s’abattent sur lui et son château. Il mourra oublié, et à coté de la plaque, sans avoir jamais compris le secret de sa vie. » 

« Oh! » s’écria le jeune homme. « Mais c’est affreux! » 

« Mais qu’y a t’il de si affreux? » répondit Pook. « Après tout, il était simplement lui-même! Maintenant examinons le second jeune homme. »

Ce jeune homme comprit rapidement que l’enfance était terminé. Plutôt que de regarder sans cesse en arrière, cherchant à recréer ce sentiment d’insouciance, et de sécurité maternelle, il affronta la réalité. »Je ne vivrai pas ma vie comme un moins-que-rien! » déclara t’il. Ses amis et ses connaissances était toujours étonné de son amélioration constante, de la recherche réelle de ses capacités et de ses limites, de l’exploitation de ses talents mais surtout de sa volonté. Lui en retour, était étonné de leur réaction. « C’est comme si.. »disait-il, « ..ils étaient bloqués dans cet état, leurs conditions. J’ai changé, et ils le reconaissent, mais ILS sont comme moi! Ils en ont les moyens! » Il a du CHOISIR la femme qu’il désirait, il a du CHOISIR la carrière qu’il désirait, il a PROVOQUE son destin. Il a toujours su répondre aux défis et obstacles de la vie, et s’est toujours interdit de baisser les bras, ou d’abandonner. Alors que le premier jeune homme était défini par l’époque dans laquelle il vivait, cet homme là avait DEFINI sa condition, et son époque. A sa mort, de nombreuses personnes se recueuillèrent. Ils le voyaient comme un génie. D’autres pensaient que son talent était…indescriptible. Enfin d’autres, pensaient qu’il avait été béni par Dieu! Après tout, comment est-ce que ces pauvres ignorants pouvaient prendre conscience de la cause d’un tel succès? « C’est impossible qu’il y soit arrivé comme ça.. » disaient ils. « IL a du naître avec un don. » Non, ce n’est pas ça, c’est tout simplement qu’il était un homme qui a choisi de conquérir le monde, la culture, et de cultiver sa vision des choses, plutôt que de se laisser porter par l’axe mondial de la routine, et de la mode. 
« La différence est simple » dit Pook. « Le premier jeune homme TEND LES BRAS vers les enfantillages, tandis que le second jeune homme TOURNE LE DOS aux enfantillages. Le premier essaie de revenir dans l’utèrus de sa mère, dans son petit monde d’insouciance, tandis que le second vole de ses propres ailes. Le premier souhaite retourner dans son petit paradis, tandis que le second affronte la vie, et exploite pleinement ses possibilités. Le premier est ordinaire, le second est extraordinaire. C’est pourquoi, le second devient le PRIX, le PRINCE, tandis que le premier n’est qu’un bouche-trou. » 

« Je vois.. » compris le jeune homme choqué. « Le second s’améliore sans cesse, tandis que le premier reste toujours le même, si ce n’est pire.. » 

« Exactement! C’est la différence entre POURRIR et MURIR. Sois le bon fruit! Sois le PRIX à gagner! »


Source : Fifteen Lessons.

Illustration : Tim Mossholder.